Camions électriques : l'ACEA demande un report des objectifs face au manque d'infrastructures

Les constructeurs européens tirent la sonnette d'alarme. DAF, Daimler, Ford, Iveco, MAN, Scania, Volvo : les sept marques étaient réunies sur scène à l'IAA 2026 d'Hanovre, sous la bannière de l'ACEA, pour lancer un appel aux instances européennes.
"Nous sommes pleinement engagés dans le transport durable : les investissements ont été faits et une large gamme de véhicules zéro émission est disponible aujourd'hui. Mais leur viabilité commerciale à grande échelle dépend d'un écosystème global qui accuse un retard manifeste et ne se développe pas assez vite", a commencé à développer Karin Radström, présidente de Daimler Truck et de la division véhicules industriels de l'ACEA.
Les camions sont prêts, pas les infrastructures
Les poids lourds électriques sont prêts, donc. Mais le problème souligné par les constructeurs est le retard côté infrastructures de recharge. L'ACEA déplore un rythme d'installation insuffisant. Il faudrait en effet un déploiement de 500 points de recharge dédiés aux poids lourds par mois pour atteindre les 20 000 bornes requises par l'Europe. Or, les dirigeants ont rappelé que la moyenne actuelle n'est que de 50 bornes installées par mois. On en recense ainsi actuellement à peine 2 000 sur le continent.
Les délais de raccordement au réseau électrique pour construire une station apparaissent aussi parfois très longs, pouvant prendre plusieurs années dans certains pays. Troisième point souligné par l'ACEA : la manque de capacité du réseau : "Quand certains transporteurs souhaiteraient électrifier des flottes de 100 à 200 camions, la capacité du réseau local ne leur permet d'alimenter que 10 à 50 véhicules", déplore l'instance.
La crainte des amendes
Après les infrastructures, les constructeurs ont parlé finances. Selon eux, le coût de l'électricité reste trop élevé dans certains pays de l'UE, freinant l'attractivité des poids lourds électrique. Ils déplorent aussi que la moitié des pays membres n'aient pas encore mis en place l'Eurovignette. L'ACEA demande également une compensation pour la perte de charge utile liée au poids des batteries, de 1 à 4 tonnes selon les configurations.
"Imposer des pénalités ne résoudra pas le problème. Les pénalités ne construiront pas une seule station de recharge, n'allégeront pas le coût de l'énergie et ne rendront pas les camions plus rentables. Elles ne feront que prélever des milliards d'euros dont nous avons besoin pour investir et maintenir notre leadership mondial", ajoute Karin Radström.
Car c'est bien là un des problèmes : les constructeurs font face à de lourdes amendes s'ils ne remplissent pas les objectifs de réduction d'émissions de CO2 fixés par l'UE, la prochaine échéance étant fixée à 2030. Ils demandent ainsi un report de trois ans de l'échéance de conformité.
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