Une tolérance de charge à l'essieu revue à la baisse pour les poids lourds électriques ?

L'ACEA (Association des constructeurs européens d'automobiles) s'inquiète du sort des poids lourds électriques et à hydrogène. Dans une lettre envoyée à la Commission européenne, l'organisation fait part de ses doutes sur la révision de la directive poids & dimensions des véhicules industriels. "Malheureusement, les négociations n’ont jusqu’à présent pas permis d’obtenir les améliorations nécessaires concernant les tolérances de poids pour les véhicules zéro émission", regrette l'ACEA.
11,5 tonnes à l'essieu, même pour l'électrique ?
Un point majeur est la crainte de voir la charge maximale admise sur l’essieu moteur pour les véhicules zéro émission limitée à 11,5 tonnes (limite classique), alors que la Commission européenne proposait de l'augmenter à 12,5 tonnes. "Sans ajustements raisonnables des limites de charge sur les essieux moteurs, il sera impossible d’atteindre la capacité de charge utile et la flexibilité opérationnelle nécessaires pour les trajets longue distance et de nombreuses applications régionales", souligne l'ACEA.
Par ailleurs, l'organisation souhaite que les tolérances de poids supplémentaires ne soient pas limitées aux poids lourds motorisés à trois essieux : "Des tolérances adaptées pour les véhicules motorisés à deux essieux les plus courants (ZEV 4x2), qui représentent environ 75 % du marché actuel, sont essentielles afin d’assurer leur compétitivité économique et de préserver leur viabilité opérationnelle."
OBMM et tachygraphe
Par ailleurs, l'ACEA regrette que soit envisagé de faire de l'OBMM (on-board mass monitoring – système embarqué de surveillance de masse) une condition préalable pour bénéficier des tolérances de poids des PL zéro émission. Idem pour l'exigence de transmission des données OBMM via le tachygraphe : "Ce n’est pas techniquement défini et crée une incertitude réglementaire."
Ainsi, l'ACEA dénonce que la révision de la directive poids & dimensions "cesse d’être une contribution positive à la transition vers les véhicules zéro émission pour devenir un obstacle supplémentaire à son succès". Elle appelle la Commission à prendre en compte ses demandes pour que la directive révisée soit un cadre crédible pour le déploiement des véhicules zéro émission.
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