Le marché du poids lourd électrique gagne du terrain en Europe

Le marché européen du poids lourd poursuit sa transition vers le zéro émission, même si celle-ci reste encore à un stade précoce. Selon les données publiées par l'International Council on Clean Transportation (ICCT), 1 622 poids lourds à motorisation électrique ont été immatriculés dans l'Union européenne au premier trimestre 2026.
Soit une part de marché de 4,5 %, contre 3,6 % un an plus tôt. En volume, la progression est significative. Pour les véhicules de plus de 12 tonnes, les immatriculations ont bondi de près de 80 % sur un an, passant de 909 unités au premier trimestre 2025 à plus de 1 600 véhicules sur les trois premiers mois de 2026.
Cette dynamique intervient dans un contexte de croissance du marché européen du véhicule industriel. Toutes motorisations confondues, près de 69 800 poids lourds de plus de 12 tonnes ont été immatriculés dans le continent sur la même période.
Le diesel reste largement dominant avec 95,6 % des ventes, tandis que le gaz naturel ne représente plus que 2,1 % du marché. L'électrique occupe désormais une place équivalente, avec 2,3 % des immatriculations.
Les constructeurs montent en cadence
La progression du segment s'explique en partie par l'arrivée de nouvelles gammes et l'augmentation des capacités de production des constructeurs européens. Mercedes-Benz Trucks conserve la première place sur le marché des poids lourds électriques avec 530 immatriculations au premier trimestre 2026, contre seulement 95 un an auparavant. Le succès de l'eActros lui permet d'atteindre une part de véhicules électriques de 3,9 % dans ses ventes de poids lourds.
MAN affiche également une forte progression. Le constructeur allemand a plus que triplé ses volumes en un an, passant de 130 à 411 unités grâce à la montée en puissance de ses TGS et TGX électriques. Sa part de ventes zéro émission atteint désormais 3,6 %.
DAF fait partie des autres acteurs en forte croissance. Après le lancement de ses XD et XF Electric à l'automne 2025, la marque a immatriculé près de 200 camions à batteries au premier trimestre 2026, contre seulement 12 un an plus tôt. À l'inverse, Iveco reste en retrait avec seulement six poids lourds électriques vendus sur la période.
L'analyse de l'ICCT montre également que les constructeurs les plus avancés sur l'électrique sont désormais ceux qui occupent les premières places du marché zéro émission. Mercedes et MAN représentent à eux seuls près de 60 % des ventes européennes de poids lourds électriques.
Des écarts importants entre pays
L’électrification du parc reste très contrastée selon les États membres. Les Pays-Bas figurent aujourd'hui parmi les pays les plus avancés avec une part de marché de 10,3 % pour les poids lourds électriques au premier trimestre 2026. Le Danemark atteint 10 %, tandis que la Suède se situe à 9,7 % et l'Autriche à 8 %.
L'Allemagne demeure toutefois le premier marché en volume avec 536 immatriculations, devant les Pays-Bas (338) et la France (267). Sur le marché français, la part des poids lourds zéro émission atteint 2,7 %, légèrement au-dessus de la moyenne européenne.
Des aides toujours plus importantes
L'étude de l’ICCT souligne le rôle croissant des politiques publiques dans cette évolution. L'Autriche combine par exemple des aides couvrant jusqu'à 60 % du surcoût d'acquisition et une tarification des péages fortement favorable aux véhicules zéro émission. En France, un nouveau dispositif d'aides à l'achat de camions électriques, compris entre 60 000 et 110 000 euros selon les véhicules, est entré en vigueur le 1er juin 2026.
Au-delà des aides nationales, l'entrée en application du premier objectif européen de réduction des émissions de CO₂ pour les poids lourds à partir du second semestre 2025 semble également avoir contribué à accélérer les mises sur le marché.
Sur le même sujet
