Poids lourds : les immatriculations progressent en Europe… mais pas en France

Un bilan global contrasté. C'est ce qui ressort des derniers chiffres publiés par l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA) sur les immatriculations de véhicules utilitaires neufs dans l'Union européenne.
D'abord, on recense une belle progression côté camions : +7,5 %, à 245 079 unités. La croissance est plus marquée sur le segment du gros tonnage (+8,5 %). Dans le même temps, les camions de moyen tonnage ont également progressé (+2,5 %). Cette reprise intervient toutefois après une période de faibles immatriculations.
Pour autant, tous les marchés ne suivent pas la même trajectoire. La Pologne (+20,5 %), l'Espagne (+13,2 %) et les Pays-Bas (+30,6 %) affichent notamment de fortes progressions. En revanche, les immatriculations de camions neufs ont légèrement reculé en France (-1,6 %), avec 32 674 unités enregistrées contre 33 221 sur les trois premiers trimestres de 2025.
Stabilité côté VUL
Sur les trois premiers trimestres de 2026, le marché des véhicules utilitaires légers (VUL) est resté stable, avec 1 073 427 immatriculations, soit un niveau similaire à celui observé à la même période l'an passé. L'Espagne progresse fortement, mais la France est en recul (-5,6 %).
Du côté des bus (+15,2 %, 32 695 unités), la situation est quelque peu différente. Si certains pays affichent des progressions particulièrement marquées, à l'image de l'Italie (+34,4 %), la plupart des grands marchés de l'UE sont également en croissance. C'est notamment le cas de la France (+10,5 %), avec 5 289 unités enregistrées.
L'électrique accélère, le diesel garde la main
Au-delà des résultats du marché, le bilan de l'ACEA met également en évidence une évolution des motorisations. Sur le segment des camions, les volumes de véhicules électriques à batteries bondissent de 49,8 %, pour atteindre 12 873 unités, contre 8 591 sur les trois premiers trimestres de 2025.
Cette progression se retrouve également sur les autres catégories de véhicules, avec une hausse de 38,2 % pour les VUL et de 37,6 % pour les bus.
Pour autant, l'émergence de l'électrique ne remet pas en cause la domination du thermique. Sur le marché des camions, le diesel conserve une part de marché de 91,7 %, avec 224 636 unités enregistrées, soit une hausse de 6,6 % par rapport aux trois premiers trimestres de 2025. En parallèle, les modèles électriques à batteries ne représentent encore que 5,3 % des volumes.
Les évolutions restent néanmoins marquées selon les pays. L'Allemagne (+77,2 %), la France (+60,2 %) et les Pays-Bas (+57,5 %) figurent parmi les marchés les plus dynamiques pour les camions électriques rechargeables. À eux trois, ils concentrent 74 % des immatriculations européennes de cette catégorie.
Le segment des bus illustre quant à lui une électrification bien plus avancée. Sur ce marché, le diesel ne représente plus que 58,4 % des immatriculations, tandis que les motorisations électriques en totalisent désormais 26,4 %, contre 22,1 % sur les trois premiers trimestres de 2025.
Ces chiffres témoignent d'une transition à deux vitesses sur le marché des véhicules utilitaires dans l'Union européenne. Si les motorisations électriques rechargeables gagnent progressivement du terrain, le diesel conserve une position dominante, particulièrement sur le segment des camions. La transition énergétique du secteur est donc engagée, mais reste encore loin d'être achevée.
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