Le moral des transporteurs routiers encore plus bas que pendant le Covid

Le répit aura été de courte durée pour les transporteurs routiers. Après une légère amélioration au 2e trimestre 2026, les indicateurs présentés par la FNTR (Fédération nationale des transports routiers) dans sa note de conjoncture du 3e trimestre se dégradent à nouveau. On y retrouve des niveaux comparables au début de l'année.
La FNTR pointe un environnement économique toujours peu favorable, marqué par la faiblesse de la demande, la hausse des coûts énergétiques et une visibilité limitée. Les entreprises peinent à répercuter intégralement leurs surcoûts, tandis que les donneurs d'ordre restent prudents. Résultat : les marges demeurent sous pression et les perspectives de reprise s'éloignent.
L'activité repart à la baisse
L'activité récente dans le TRM, tout comme les anticipations pour les prochains mois, restent inférieures à leur moyenne de long terme. Plus inquiétant : les perspectives d'activité retrouvent des niveaux particulièrement faibles, proches de ceux observés lors des principales crises traversées par le secteur. Les derniers mois subis depuis le début de la flambée du coût du carburant y sont de toute évidence pour beaucoup.
La demande reste fragile chez les principaux clients du transport routier. L'agroalimentaire et les biens d'équipement montrent des signes d'essoufflement, tandis que le bâtiment demeure atone. Seuls les matériels de transport affichent une amélioration, insuffisante toutefois pour compenser les difficultés des autres secteurs.
Des recrutements et des investissements en retrait
Dans ce contexte, les transporteurs ajustent leurs dépenses, avec notamment un recul des recrutements, se traduisant aussi par une baisse des difficultés d'embauches selon les chiffres de l'Insee.
Les investissements suivent logiquement la même tendance. La note de conjoncture de la FNTR fait état d'un nouveau recul au 3e trimestre, à des niveaux très inférieurs à la moyenne de long terme. Les dépenses se concentrent principalement sur le renouvellement du parc, sans augmentation des capacités de transport. La priorité des dirigeants reste à la préservation de la trésorerie, au détriment des projets de développement et de décarbonation.
Le moral des dirigeants encore plus bas que pendant le Covid
Ces dirigeants, justement, ont me moral en berne. L'indicateur du moral des chefs d'entreprises atteint en effet son plus bas niveau depuis la création du baromètre FNTR, en 2015. La dégradation dépasse même celle enregistrée pendant la crise sanitaire en 2020.
78 % des dirigeants se déclarent insatisfaits de la situation de leur entreprise, tandis que 11 % adoptent une position d'attente. Le ralentissement de l'activité, la compression des marges, les difficultés de répercussion des coûts et le manque de visibilité alimentent cette défiance. La FNTR estime que le secteur reste confronté à une crise de rentabilité autant qu'à une crise de visibilité.
Sur le même sujet
