Gazole : vers une crise encore pire que le Covid pour le transport routier ?

Le constat de la FNTR (Fédération nationale des transports routiers) est sans appel. "Après une stabilisation fragile observée à la fin de l’année 2025, la conjoncture du transport routier de marchandises se dégrade brutalement au premier trimestre 2026", déplore la fédération dans sa note de conjoncture du premier trimestre 2026.
Tous les indicateurs économiques passent en effet dans le rouge. L’organisation professionnelle évoque même une "rupture conjoncturelle nette : effondrement de l’activité, retournement violent des anticipations, gel quasi total des investissements et repli de l’emploi".
La crise du gazole comme déclencheur d’un choc majeur
Forcément, la flambée des prix du gazole joue un rôle déterminant. La FNTR parle d’un "choc exogène majeur" dans un secteur déjà fragilisé. La situation apparaît d’autant plus critique que "la capacité de répercussion tarifaire demeure limitée et différée", ce qui entraîne "une compression accélérée des marges, voire des situations de trésorerie critiques". Dans ce contexte, la fédération alerte :
"Le TRM n’est pas face à un simple ralentissement conjoncturel, mais à un choc de coûts majeur mettant en péril l’équilibre économique de milliers d’entreprises."
L’activité accuse donc une baisse marquée, avec des niveaux comparables aux crises les plus sévères. La note de conjoncture souligne que les soldes d’opinion évoluent nettement en dessous de leur moyenne de long terme et atteignent des niveaux proches à ceux observés lors de la crise sanitaire.
Pas de bonnes perspectives
Surtout, les perspectives ne sont pas réjouissantes : "Les chefs d’entreprise anticipent désormais une poursuite, voire une accentuation, de la baisse d’activité à court terme". Face à ce manque de visibilité, les entreprises adoptent des stratégies défensives, retardant leurs décisions et freinant leur développement. "Les investissements demeurent à un niveau historiquement bas" et "se limitent quasi exclusivement au renouvellement du parc", souligne par ailleurs la FNTR.
L’indicateur des effectifs de conducteurs se replie également, ce qui montre que le contexte influe aussi sur l'emploi. La baisse des difficultés de recrutements constatée peut en revanche surprendre, mais la fédération rappelle qu'elle "s’explique davantage par la fragilisation des entreprises que par une résolution durable des tensions structurelles de main-d’œuvre".
Un moral des dirigeants au plus bas historique
Enfin, la note de conjoncture démontre que le moral des chefs d’entreprise est au plus bas dans le transport : "son niveau le plus bas jamais enregistré depuis sa création" ! En effet, 78 % des chefs d’entreprise ne sont pas satisfaits de la situation actuelle de leurs entreprises. Un niveau de défiance qui dépasse même celui observé pendant la crise sanitaire.
En conclusion, la FNTR souligne que cette note de conjoncture doit constituer "un signal d’alerte économique" pour un secteur "stratégique pour l’économie française". La fédération conclut : "Sans mesures rapides sur le carburant, la trésorerie et les mécanismes de répercussion, c’est la capacité même du secteur à assurer la continuité logistique du pays qui est en jeu."
Sur le même sujet
