Windrose livre son premier camion électrique en Europe

Chez Gilbert De Clercq (GDC), on ne change pas de motorisation sur un coup de tête. Le transporteur familial de Temse (Belgique) a pris tout son temps avant de sauter le pas vers l'électrique. Ce choix mûrement pesé s'est concrétisé le 10 juillet 2026 par la réception du tout premier Windrose Global E700 vendu en Europe.
Gilbert De Clercq, hôte des premiers pas de Windrose en Europe
L'histoire entre le transporteur et le constructeur ne date pas d'hier. Dès 2024, Gilbert De Clercq compte parmi les tout premiers opérateurs belges à s'associer à Windrose, alors jeune pousse chinoise tout juste installée dans le pays. Le constructeur y ouvre même son premier bureau et un atelier sur un terrain appartenant au transporteur, à Zele, avant de rapatrier plus tard son siège européen à Anvers.
Pendant deux ans, un prototype puis une pré-série du Global E700 sillonnent les routes belges et européennes sous les couleurs de GDC. Ce n'est qu'au terme de cette période probatoire que la société familiale a converti l'essai en achat ferme.
Un choix que son dirigeant, Filip De Clercq, justifiait récemment auprès de l'agence Reuters par l'avance technologique des constructeurs chinois. "L'avantage compétitif de la Chine, c'est que leur technologie a environ trois ans d'avance sur celle de l'Europe", confiait-il.
Un atelier habilité jusqu'à la haute tension
Le camion réceptionné par GDC embarque un boîtier télématique Platform Science, relié à la plateforme de gestion de flotte déjà utilisée par le transporteur, ce qui permet un suivi fin des trajets et une optimisation des tournées. Windrose l'assortit d'une garantie de cinq ans ou 600 000 km, et d'une tarification calée sur la parité avec le diesel.
Le coût kilométrique a été pensé pour égaler dès le premier jour celui d'un tracteur thermique équivalent, avantage renforcé par l'exonération accordée par Viapass, le système de péage belge, aux poids lourds zéro émission.
Mais l'accord va au-delà d'une simple vente. GDC s'engage à devenir, sur son site de la Kapelanielaan à Temse, centre de service agréé de niveau 3, le plus haut échelon du réseau européen de Windrose. Cette habilitation couvre les interventions sur la chaîne de traction, la batterie et les systèmes haute tension.
Des opérations que seuls quelques ateliers seront autorisés à réaliser sur le continent, ce qui renforce d'autant la capacité de maintenance disponible pour les clients belges et les flottes de la région.
Une croissance sous surveillance financière
Cet engagement intervient alors que Windrose traverse une passe plus trouble outre-Atlantique. Fondée en 2022 par Wen Han, la société a délocalisé son siège de Hefei, en Chine, vers la Belgique, tout en revendiquant environ 400 millions de dollars levés auprès d'investisseurs. Des rumeurs de faillite ont même circulé fin 2025, démenties par son fondateur.
Depuis, plusieurs médias américains, dont le Wall Street Journal, ont documenté des impayés touchant d'anciens cadres de la filiale nord-américaine. Si Wen Han a reconnu avoir "recruté trop vite et trop largement" pour soutenir l'expansion du groupe, il a aussi assuré que son groupe dispose des moyens financiers nécessaires à ses ambitions mondiales.
Rappelons d'ailleurs que la marque n'est pas la seule à s'intéresser aux marchés européens : une demi-douzaine de constructeurs chinois de poids lourds préparent leur arrivée commerciale sur le Vieux Continent pour 2026. L'assemblage local de Windrose, prévu à Anvers dès cette année puis en France, à Onnaing, à partir de 2027, doit précisément servir à rassurer des transporteurs européens encore prudents face à des marques venues de l'empire du Milieu.
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