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Transport

Présidentielle 2027 : les candidats face aux transporteurs

Publié le 6 novembre 2026

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Par Florent Le Marquis
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4 min de lecture
Lors de la soirée annuelle de l'OTRE, le 4 novembre 2026, les représentants de cinq candidats à la présidentielle 2027 ont présenté leur vision du transport routier. Indexation gazole, compétitivité, contrôles et décarbonation étaient notamment au programme.
Les cinqs représentants des candidats à la présidentielles ont échangé sur leurs mesures pour le transport routier. ©JPL/FLM

À quelques mois de l'élection présidentielle de 2027, l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) a réuni le 4 novembre 2026 les représentants de cinq candidats. Devant plus de 200 transporteurs et autres acteurs de la filière poids lourd, on retrouvait ainsi François Asselin, ex-président de la CPME (représentant Bruno Retailleau) ; Manon Bouquin, sénatrice (Marine Le Pen) ; Franck Dhersin, sénateur (Édouard Philippe) ; Gérard Leseul, député (Raphaël Glucksmann) ; et Lauriane Rossi, ex-députée et maire-adjointe de Boulogne-Billancourt (Gabriel Attal). Parmi les têtes d'affiche de la campagne, on notera l'absence d'un représentant de Jean-Luc Mélenchon.

Indexation gazole : l'urgence du calendrier

Sujet d'actualité : l'application plus stricte du mécanisme d'indexation gazole fait partie des priorités de l'OTRE, et plus largement du secteur. Renforcement des contrôles, interdiction des clauses de lissage ou de franchise, sanctions administratives jusqu'à 450 000 euros… Le gouvernement a annoncé en octobre qu'il prendrait des mesures sur le sujet. L'ensemble des représentants présents à la soirée de l'OTRE a soutenu ces propositions, ainsi que celles de l'organisation voulant généraliser l'utilisation des indices du comité national routier (CNR) dans les nouveaux contrats et étendre l'indexation au transport routier de voyageurs.

Mais la bataille n'est pas gagnée : le calendrier législatif est serré. Fin février, il sera trop tard. Comme pour la loi-cadre, qui n'est toujours pas inscrite au calendrier parlementaire, le temps est compté. "Faites pression sur le Premier ministre pour qu'il inscrive le texte […]. Si ce n'est pas fait avant fin février, ce sera enterré jusqu'en 2028", a alerté Franck Dhersin.

Contrôles, fiscalité et attractivité

L'un des messages revenus plusieurs fois est le renforcement des contrôles et des sanctions. Améliorer la compétitivité des transporteurs a été présenté comme une priorité. Sur les sujets de la régulation du marché, de la fiscalité et de l'attractivité du métier, les propositions ont cette fois-ci un peu plus varié : François Asselin (Bruno Retailleau) a déploré la fragilité des PME françaises, pénalisées par le "niveau de marge le plus faible en Europe". La proposition est de réduire de 400 000 le nombre de fonctionnaires et de réaffecter les ressources aux missions régaliennes. Côté pouvoir d'achat, il suggère d'ajouter deux jours travaillés par an et d'exonérer totalement de charges les heures supplémentaires.

Dans la même lignée, Franck Dhersin (Édouard Philippe) appelle à supprimer les contrôles administratifs superflus et, pour regagner en compétitivité européenne, il préconise une baisse globale des charges patronales, compensée par une éventuelle hausse de la TVA.

De son côté, Manon Bouquin (Marine Le Pen) prône la création d'un "ministère de lutte contre la fraude", et appelle de ses vœux la sécurisation prioritaire des aires d'autoroute face au vol de carburant et l'intensification des contrôles du cabotage via le tachygraphe. Elle réclame aussi des amendes calculées sur la valeur des camions, plutôt que des montants fixes.

Lauriane Rossi (Gabriel Attal) compte aussi s'appuyer sur des contrôles plus ciblés. "Un bon contrôle vaut mieux que dix contrôles au hasard", affirme-t-elle. Les outils digitaux, et notamment l'intelligence artificielle, doivent aider en ce sens. Elle appelle aussi à s'appuyer toujours plus sur l'apprentissage pour répondre au déficit de conducteurs.

Enfin, plus à gauche, Gérard Leseul (Raphaël Glucksmann) souhaite encadrer le travail indépendant pour éviter la concurrence déloyale envers le salariat. Il prône également une fiscalité progressive (IS et CSG) allégée pour les PME.

Le tout-électrique ou le mix énergétique ?

Dernier sujet abordé, et pas des moindres : la transition énergétique, et principalement électrique. François Asselin (Bruno Retailleau) s'est vivement opposé à l'obligation du tout-électrique : "Va-t-on reproduire la même catastrophe que sur le véhicule léger ?". Manon Bouquin (Marine Le Pen) a elle aussi défendu la "neutralité technologique" selon l'usage et la charge utile, tout en rejetant radicalement le système ETS2, prévu pour 2028, qu'elle qualifie de "bêtise sans nom" qui "flinguera les entreprises".

À l'inverse, Gérard Leseul (Raphaël Glucksmann) soutient le camion électrique qui "offre un coût d'usage inférieur aux autres énergies". Il ajoute qu'"il faut tout faire pour développer le transport routier électrique, sinon nous perdrons la bataille face aux Chinois". Lauriane Rossi (Gabriel Attal) et Franck Dhersin (Édouard Philippe) ont assuré l'importance de l'électrification, tout en plaidant pour un mix énergétique. Ils ont surtout réclamé des aides financières stables sur la durée d'amortissement des matériels. "Donner de la visibilité et de la stabilité", martèle Lauriane Rossi.

Interventions de Philippe Tabarot et Alexis Gibergues

Le développement des infrastructures de recharge a aussi été abordé. Intervenant en clôture dans une vidéo, Philippe Tabarot, ministre des Transports, a notamment évoqué le réabondement de 400 millions d'euros du programme Advenir (2028-2030) afin de déployer le réseau de recharge haute puissance nécessaire aux poids lourds. Sur les autres sujets, il a assuré travailler ardemment sur l'élaboration d'une proposition législative pour étendre l'indice CNR à l'ensemble des nouveaux contrats, mais aussi sur des sanctions automatisées et sur le cabotage irrégulier. Et a assuré que le versement des aides carburant s'était accéléré.

De son côté, dans son habituel discours de fin de soirée, le président de l'OTRE, Alexis Gibergues, a rappelé l'urgence économique du terrain : "Nous faisons vivre le pays et relions les territoires", rappelle-t-il. Il a dénoncé l'accumulation des charges, des taxes et des normes qui usent la trésorerie et le moral des dirigeants. "La répercussion du coût du gazole est souvent trop tardive. Les transporteurs supportent seuls ce décalage", ajoute-t-il. Alexis Gibergues a aussi rappelé la satisfaction de l'OTRE sur les mesures annoncées par le gouvernement pour renforcer notamment l'indexation gazole. Mais il assure rester vigilant quant à leur bonne application dans les meilleurs délais.

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