PLF 2027 : tout pour le camion électrique au détriment des biocarburants

Ça va encore chauffer ? Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 commence à se dévoiler, et le secteur du transport routier pourrait s'en trouver impacté. Deux points ont particulièrement retenu notre attention. Le premier concerne le dispositif de suramortissement, qui pourrait de nouveau bouger et susciter le débat, après les remous de l'an dernier.
En effet, à date (et cela devait durer jusqu'en 2030), le suramortissement peut atteindre 60 % de la valeur d'origine pour les véhicules de 3,5 à 16 tonnes et 40 % au-delà de 16 tonnes. Cela concerne les poids lourds fonctionnant aux énergies alternatives : motorisations gaz et B100 exclusif, notamment. L'article 25 du PLF 2027 change la donne : pour les véhicules neufs acquis entre le 1er janvier 2027 et le 31 décembre 2030, la déduction serait calculée sur les coûts supplémentaires liés au choix de ces motorisations, et non plus sur la valeur totale du véhicule.
Un suramortissement drastiquement réduit pour le B100 et le gaz
Concrètement, le suramortissement ne sera plus calculé sur la valeur du camion B100 (par exemple), mais uniquement sur son surcoût par rapport à un équivalent à motorisation exclue par le dispositif (moteur diesel en l'occurrence). Les taux de 60 et 40 % resteraient effectifs, mais sur une base totalement différente donc.
Par exemple, imaginons un camion B100 ou gaz de plus de 16 tonnes payé 150 000 euros. En 2026, le suramortissement possible est de 40 % son prix, donc 60 000 euros. En 2027, si son équivalent thermique vaut 130 000 euros, les 40 % sont calculés sur la différence (20 000 euros), laissant un suramortissement de seulement 8 000 euros.
L'électrique, grand gagnant
Pour un camion électrique, dont le coût est 2,5 à 3 fois supérieur à un équivalent thermique, le calcul reste quant à lui très intéressant. C'est d'ailleurs pour soutenir cette énergie (et l'hydrogène) que le PLF intègre cette modification du dispositif de suramortissement.
La raison de ce changement, pour le gouvernement, est que le dispositif actuel "est porteur d'effets d'aubaine" pour ces motorisations alternatives. Il estime que cela "nuit à la capacité à répondre efficacement à l'objectif d'électrification du parc des véhicules lourds". D'où ce changement souhaité.
Un tarif d'accise à 0,5 euro/MWH pour l'électricité
Le second point en faveur de l'électrification du parc poids lourds dans ce PLF 2027 est l'instauration d'un tarif réduit d'accise (taxe) sur l'électricité. Il serait fixé à 0,5 euro/MWh pour la recharge des poids lourds de plus de 7,5 tonnes destinés au transport routier de marchandises. Ce tarif préférentiel est déjà en place pour d'autres secteurs, mais pas pour le TRM. Pour les secteurs non avantagés, le tarif d'accise dit "normal" est de 20,42 euros/MWh (du 1er août 2026 au 31 janvier 2027).
Ce passage à 0,5 euro/MWh pour le TRM serait ainsi un nouveau tremplin de taille pour l'adoption des poids lourds électriques, dont le TCO se verrait drastiquement amélioré. Si l'on part d'une consommation moyenne de 1 kWh/km pour un camion électrique, la consommation pour 100 000 km (un an d'activité environ) représente 100 MWh. Cela représenterait donc 50 euros d'accise, contre 2 042 euros actuellement. Une économie de près de 2 000 euros pour un seul camion roulant 100 000 km par an, donc. Toujours bon à prendre.
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