Biocarburants : la proposition de suppression des avantages fiscaux ne passe pas

Un peu plus d'une semaine après la présentation de 21 propositions pour accélérer l'électrification des poids lourds par les députés Jean-Marie Fiévet (EPR) et Gérard Leseul (PS), au terme de leur mission flash sur la décarbonation du secteur, l'Union TLF appelle à un point de vigilance. Si elle "salue la qualité du diagnostic posé sur les enjeux de transition d'un secteur essentiel à l'économie française, à l'emploi et à la souveraineté industrielle du pays", l'organisation professionnelle regrette vivement une mesure souhaitée en particulier : la troisième.
TLF rejette une extinction des avantages fiscaux pour les biocarburants
Cette dernière propose d'augmenter le seuil de suramortissement prévu pour les véhicules zéro émission, mais incite à "éteindre progressivement le suramortissement et les avantages fiscaux dont bénéficient les véhicules fonctionnant aux biocarburants et au biogaz".
L'Union TLF appelle ainsi à "une vigilance ferme" : "Le TRM traverse une période critique. Les trésoreries des entreprises du secteur sont à leur niveau le plus bas depuis plus de vingt ans. Le renouvellement des flottes est en net ralentissement. Dans ce contexte, toute mesure qui renchérirait le coût des carburants – près de 30 % des coûts de revient des transporteurs – viendrait accélérer un niveau de défaillances déjà inédit depuis trente ans dans le secteur."
"Une erreur stratégique aux conséquences lourdes"
L'organisation martèle que les biocarburants sont une réponse "immédiate" aux besoins urgents de décarbonation en attendant un plus fort déploiement de l'électrique, et notamment des infrastructures. Elle rappelle aussi que les pays plus avancés sur les camions à batteries ont beaucoup recours aux biocarburants dans le même temps.
"Une fiscalité accrue sur les biocarburants serait une erreur stratégique aux conséquences lourdes. Ne cassons pas ce qui marche, et préservons à tout prix le tissu économique des transporteurs aujourd’hui en grande difficulté", conclut Jean-Thomas Schmitt, président de l’Union TLF.
Sur le même sujet
