Les 21 propositions pour accélérer l'électrification des poids lourds

Début février dernier, les députés Jean-Marie Fiévet (EPR) et Gérard Leseul (PS) étaient nommés rapporteurs d'une mission flash sur la décarbonation des poids lourds. Ils ont présenté les conclusions mercredi 20 mai 2026. Leur rapport formule 21 recommandations pour accélérer l’électrification du transport routier de marchandises (TRM).
"Ces recommandations sont articulées autour de trois axes : donner un coup de boost à l’achat de véhicules électriques, prendre des mesures opérationnelles pour rendre leur usage compétitif et garantir un tissu de bornes de recharge adapté aux besoins des transporteurs", précisent les rapporteurs.
Plus d'aides et de mesures attractives
D'abord, ils préconisent d’augmenter l’aide à l’acquisition de camions électrique pour la porter à plus de 100 000 euros pour les plus gros poids lourds, ce qui est déjà fait avec la nouvelle version des CEE. Meilleur accès au crédit via des prêts bonifiés et des prêts garantis, augmentation du seuil de suramortissement (mais diminution pour les biocarburants), plus grande implication des chargeurs (donneurs d'ordre)… Plusieurs propositions financières sont mises sur la table.
Sur le plan opérationnel, les députés souhaitent que l’usage de véhicules électriques soit rendu plus attractif. Cela pourrait se traduire par "une réduction des péages appliqués aux camions à zéro émission" ou encore "une baisse de 25 % de la taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité payée par les transporteurs qui font le choix de l’électrique". Augmenter le poids autorisé par essieu moteur de 12 à 14 tonnes sur un tracteur de 46 tonnes afin de tenir compte du poids de la batterie, pour garantir une charge utile proche de celle des poids lourds diesel, est aussi demandé.
Favoriser l'installation de bornes de recharge
Côté recharge, les rapporteurs incitent à un équipement en infrastructures des aires d’autoroutes, dépôts, entrepôts, zones logistiques et autres plateformes multimodales pour garantir une recharge partout où les poids lourds en ont besoin. Des aides financières, un favoritisme pour l'accès au foncier et des modifications de contrats de concessions autoroutières pour fixer des objectifs d’installation de bornes de recharge sont notamment évoqués.
"Nous croyons sincèrement que les transporteurs, les constructeurs et les donneurs d’ordre sont prêts à électrifier leur flotte de poids lourds. D’ici cinq ans, les camions électriques représenteront un vrai atout pour nos transporteurs tant du point de vue de la décarbonation des usages, du gage de souveraineté qu’ils représentent que de la viabilité de leur modèle économique", concluent Jean-Marie Fiévet et Gérard Leseul.
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