Transport et logistique : un pilier de l'économie française

Pour apporter des arguments au débat public et valoriser la filière du transport et de la logistique, l’Union TLF a mandaté une étude auprès du cabinet Asterès, sous l’égide de l’économiste Nicolas Bouzou, afin de savoir ce qu’elle représente en termes d’emplois et de croissance.
Ainsi, le secteur occupe une place importante dans l’emploi en France : il représente plus de 40 000 établissements employeurs avec 75,6 % des offres d’emploi qui sont des CDI, et 81 % des postes qui se situent en région (hors Île-de-France).
La filière offre également 64,2 % d’accès à l’emploi dans les six mois après la formation contre 58,4 % tous secteurs confondus et ce chiffre monte même à 72,1 % pour les conducteurs poids lourds. En outre, plus de 400 millions d’euros sont investis chaque année par la branche dans la formation et les compétences des salariés.
Côté croissance, le transport de marchandises et la logistique soutiennent le PIB national à hauteur de 9 %. Un chiffre qui dépasse le poids de l’industrie agroalimentaire et est même trois fois supérieur au secteur de l’hébergement-restauration.
Une sous-évaluation dans les statistiques
Malgré des chiffres conséquents, l’empreinte économique est difficilement perçue dans le débat public. Ainsi, alors que la filière emploie 1,6 million de personnes en équivalent temps plein, soit 6 % de l’emploi français, 44 % d’entre eux ne figurent dans aucune statistique "transport". Il s’agit notamment, d’après l’enquête, des magasiniers, caristes et logisticiens qui sont comptabilisés dans le commerce, l'industrie, l'agriculture et les services.
À noter, le secteur global génère 267 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 90 milliards de valeur ajoutée. Si l’on intègre "l’activité que la filière irrigue chez ses fournisseurs et via la consommation de ses salariés, sa contribution totale atteint 3,2 millions d'emplois, 574 milliards d'euros d'activité et 9 % du PIB, un montant équivalent à la totalité des exportations françaises de biens", note le rapport.
L’analyse montre ainsi qu’avec l’effet multiplicateur, chaque emploi direct de la filière en soutient un autre dans un secteur différent et que chaque euro de valeur ajoutée en génère 1,7 supplémentaire. Ainsi, cette dernière nourrit les finances publiques à hauteur de 29 milliards d’euros de recettes directes.
"La logistique, c'est un peu comme la santé : on en mesure l'importance lorsqu'elle se dégrade. Ce n'est pas une fonction support, c'est une infrastructure productive à part entière, qui conditionne la compétitivité, l'exportation et le pouvoir d'achat des ménages", déclare Nicolas Bouzou, fondateur du cabinet Asterès.
Avec ces données, l’objectif de l’Union TLF est clair, à un an de l’élection présidentielle, montrer que le secteur est un véritable levier de croissance et obtenir des "allégements réglementaires ciblés, de la visibilité pour investir, des infrastructures adaptées, une fiscalité cohérente face aux concurrents européens et un accompagnement réaliste de la transition énergétique – en particulier pour réussir l'électrification du transport routier."
"Quand un flux se grippe, chacun voit ce que nous faisons. Quand tout fonctionne, nous redevenons invisibles. Cette étude met enfin des chiffres sur une évidence : sans nous, l'économie française s'arrête. L'Union TLF ne s'arrête pas au diagnostic. En présentant cette étude, elle lance sa mobilisation pour la présidentielle 2027 : un manifeste, «Le Pacte pour une France qui livre», et la plateforme Cap 2027, où candidats, médias et citoyens suivront ses propositions et l'avancée du débat. Cinq chantiers en forment l'ossature : compétitivité, fiscalité, implantation des sites logistiques, reconquête portuaire et formation, pour faire de la logistique française un atout de souveraineté et un moteur de réindustrialisation", conclut Jean-Thomas Schmitt, président de l'Union TLF.
Sur le même sujet
