Iveco mise sur son réseau et ses services pour renforcer sa position en France

"C'est à travers le service que le client s'aperçoit de la force d'une marque." Andrea Alpignano pose les bases au moment de lancer la conférence de presse annuelle d'Iveco France. Le directeur général rappelle par ailleurs que la marque possède le deuxième réseau le plus dense et capillaire de l'Hexagone, et qu'il compte encore accroître son maillage à horizon 2030.
2e sur le moins de 16 tonnes, 7e sur le plus de 16 tonnes
Une fois n'est pas coutume pour un point presse annuel de constructeur de poids lourds, les résultats n'ont été évoqués que tardivement, et presque en marge du discours principal. Pourtant, Iveco n'a pas à rougir sur certains points. Sur le total du marché des véhicules de plus de 3,5 tonnes, Iveco est le 3e constructeur en France, avec 13,4 % de part de marché (16 060 immatriculations en 2025).
Très fort sur le 3,5-7,5 tonnes (17,1 % de part de marché, n°2 en France) et sur le 7,5-16 tonnes (18,1 %, n°2), Iveco est cependant en queue de peloton des constructeurs historiques européens sur le marché du plus de 16 tonnes : 2 076 immatriculations l'an dernier, soit 5,4 % de part de marché. "Nous restons outsiders sur ce segment, mais je suis persuadé qu'on a beaucoup de choses à y faire. Le marché a souffert mais nous sommes stables en part de marché : nous restons présents chez nos clients historiques", analyse Daniel Echemann, directeur business lines.
Continuer de renforcer le réseau
Pour distribuer ses véhicules, Iveco s'appuie sur un réseau dense : plus de 200 points de vente et services en France, répartis dans toutes les régions. Beaucoup de concessionnaires sont des groupes familiaux historiques dans l'Hexagone, et parmi les plus importants du pays, voire d'Europe. "Nous avons entamé des discussions avec eux pour revoir notre fonctionnement et soutenir le marché : il faut travailler sur notre réseau en développant sa capillarité, solidifiant sa capacité financière, etc.", développe Amélie Tschudi, directrice développement réseau.
La capacité du service, pour renforcer la confiance en la marque, apparaît importante, tout comme la qualité du service. Là aussi, Iveco met les moyens. En 2025, il a dispensé plus de 3 000 jours de formation via le Campus Iveco : les deux tiers pour de la formation technique, près d'un quart pour de la formation commerciale, et le reste pour de la formation en pièces détachées.
Le constructeur a par ailleurs fait don de deux véhicules au Garac, et forme les techniciens de demain, alors qu'il a l'objectif d'embaucher entre 300 et 400 techniciens d'ici à 2030. Un BTS maintenance VI est proposé à chaque technicien qui entre dans le réseau : six semaines sont passée au Campus sur deux ans. "Nous intégrons aussi tout personnel après-vente renouvellement embauché avec une semaine au Campus pour s'immerger dans la marque", ajoute Vincent Côte, directeur marketing et formation.
La pièce et le service
Outre son réseau, Iveco dresse trois piliers pour mener sa stratégie centrée sur l'expérience client : la distribution de pièces, l'orientation client et les services. Stable dans ses ventes de pièces, le constructeur poursuit le développement de ses gammes. Il a notamment déployé 50 nouvelles références en échange standard en 2025, cette gamme représentant 15 % de son activité pièces (contre 9 % en 2021). Spécialement conçue pour les véhicules Iveco les plus anciens, la gamme Nexpro s'étoffe aussi, surtout côté carrosserie. Iveco accélère aussi sur les accessoires, pour développer la personnalisation des véhicules par les clients.
Truck Station est également poussé par le constructeur. Lancé il y a près de dix ans, le concept dédié aux poids lourds entend assurer une couverture optimale des grands axes routiers pour réduire les temps d'immobilisation des camions au maximum grâce à un service standardisé et plus efficace, avec une communication fluide, une disponibilité maximale des pièces et un diagnostic rapide.
Parmi les outils en cours de déploiement : la Digital Job Card. "Il s'agit d'une interface digitale entre le client et l'atelier pour avoir une vision globale de toutes les étapes, de la planification du rendez-vous à l'intervention, la commande des pièces, etc. L'objectif de réduire les temps d'intervention et d'immobilisation du véhicule", informe Thierry Kilidjean, directeur service clients.
Enfin, Iveco développe ses ateliers mobiles. Une phase pilote avec trois ateliers mobiles (deux en région parisiennes, dont un destiné aux gammes électriques, et un en région lyonnaise) est lancée. Le but est de désengorger les centres les plus occupés.
Les deux poids lourds électriques arrivent
Côté électromobilité, les premières livraisons du S-eWay sont prévues pour cette année. Il reprend la cabine MY24 des camions thermiques d'Iveco. La version porteur sera disponible en 4x2 et 6x2, avec un empattement de 3600 à 6700 mm. Le véhicule affichera jusqu'à 420 km d'autonomie et sera configurable en 4, 5 ou 7 packs batteries (NMC - 70 kWh).
La version tracteur disposera d'un empattement rallongé par rapport aux camions diesel : 3 932 mm, "afin de pouvoir embarquer un maximum d'énergie, avec 603 kWh de batteries LFP embarquées pour jusqu'à 600 km d'autonomie", justifie Julien Debilly, directeur produit.
Iveco propose, avec Gate, une offre de location au kilomètre pour ses camions électriques. "Nous avons reçus 22 dossiers en 4 semaines, pour 67 véhicules", se réjouit Clément Chandon, directeur propulsions alternatives. Iveco n'est pas en avance pour la mise à la route de ses poids lourds à batteries, reste à voir s'il rattrapera son retard.
Enfin, rappelons que Tata Motors avait annoncé en juillet 2025 racheter Iveco. "L'acquisition est encore en cours, le calendrier prévoit que tout devrait être bouclé d'ici la fin de 2e trimestre 2026, souligne Andrea Alpignano. C'est une très belle opportunité, car Tata Motors n'est pas présent sur le VI en Europe. Nous serons complémentaires d'un point de vue produits."
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