Loi-cadre transport : les chargeurs veulent plus de clarté sur leurs obligations liées aux camions électriques

Le projet de loi-cadre pour le transport, que Philippe Tabarot, ministre dédié, souhaite faire passer avant la fin de l'ère Macron, inclut notamment une contribution des chargeurs à la transition électrique des transporteurs. Pour rappels, ils devraient avoir une obligation de recours minimal aux poids lourds zéro émission avec des objectifs chiffrés année après année.
Les chargeurs ont évidemment réagi, par la voix de l'AUTF (Association des utilisateurs de transport de fret). Si cette dernière "se félicite du choix d’une logique incitative plutôt que coercitive", elle explique regretter que "le texte se limite à un seul vecteur de décarbonation" et alerte sur "plusieurs points structurants", voulant des clarifications et ajustements.
Eviter la complexité et les problèmes de compétitivité
Pour le fameux article 18, l'AUTF déplore que les chargeurs qui effectuent le transport de leurs marchandises en compte propre et les chargeurs étrangers qui exportent vers la France ne soient pas concernés. Et ajoute qu'aucune mention du contrat de commission de transport n'est présente.
Concernant l'aspect pratique, l'association demande des précisions concernant les modalités de rapportage et de transmission des informations. Elle craint une complexification des process et une augmentation des coûts administratifs.
Face à la crainte de la compétitivité des entreprises françaises en Europe, l'AUTF demande par ailleurs une intégration de la notion "d'origine métropolitaine du transport" et que la part des exportations par voie terrestre réalisées hors du territoire métropolitain soit exclue du champ d'application de la loi.
L'électrique pas adapté à tous les usages
Enfin, l'AUTF aimerait plus de cas par cas concernant les objectifs, pointant du doigt que les camions électriques ne sont pas encore pleinement adaptés à tous les usages. "Une trajectoire uniforme risque, en effet, de créer des distorsions de concurrence, certaines filières ne disposant pas encore d’alternatives électriques viables", argumente-t-elle.
Disponibilité des moyens, développement des infrastructures de recharge privées et publiques, prise en compte des biocarburants… L'AUTF point du doigt divers éléments à prendre en compte à côté du seul véhicule à batterie. "Nous partageons pleinement l’ambition nationale de décarboner le transport mais demande une mise en œuvre réaliste, équitable et économiquement soutenable", conclut l'organisme.
Sur le même sujet
