Camions électriques : des aides bonifiées sous condition

Le gouvernement veut accélérer l'électrification du parc de poids lourds, avec un budget grandissant pour le transport et des aides revalorisées pour l'achat de camions électriques : jusqu'à 100 000 euros par véhicule. Le projet d'arrêté détaille un peu plus le fonctionnement de cette nouvelle bonification, qui n'est en réalité pas nouvelle.
Elle se basera en effet sur les fiches CEE, déjà en place depuis un moment. À l'heure actuelle, la fiche TRA-EQ-129 permet de prétendre à près de 65 000 euros maximum pour l'acquisition d'un poids lourd de plus de 26 tonnes (mais aussi à 40 000 euros pour un porteur entre 19 et 26 tonnes ; 33 000 euros pour un porteur entre 12 et 19 tonnes, et jusqu'à 16 000 euros pour un moins de 12 tonnes).
Jusqu'à 107 000 euros
Les bonifications sont calculées par un complexe système lié aux kWh cumac par véhicule. La valeur de ces derniers ne changera pas. Ce qui changerait avec cet arrêté, c'est le coefficient multiplicateur, qui est actuellement de trois à cinq selon les catégories, et qui passerait à sept et neuf. Les nouvelles bonifications pourraient ainsi avoisiner les :
- 25 000 euros pour un 4,25-7,5 tonnes (+75 % par rapport à maintenant) ;
- 37 000 euros pour un 7,5-12 tonnes (+133 %) ;
- 59 000 euros pour un 12-19 tonnes (+80 %) ;
- 73 000 euros pour un 19-26 tonnes (+80 %) ;
- 107 000 euros pour un plus de 26 tonnes (+75 %).
La préférence européenne… partielle
Autre élément de taille dans ce projet : "Le site de fabrication du véhicule est localisé au sein de l'espace économique européen". Il s'agirait donc de réserver les primes CEE aux acquéreurs de poids lourds électriques fabriqués en Europe.
Pas de souci donc pour les constructeurs historiques largement présents sur le continent et en France. En revanche, la condition proposée pourrait freiner l'essor des constructeurs asiatiques sur le marché hexagonal. Une question se pose néanmoins : le "site de fabrication" dans le projet d'arrêté est défini comme étant le site d'assemblage des poids lourds. Le chinois Windrose, qui a posé ses valises en France en 2025, devrait donc entrer dans cette catégorie. Préférence européenne pour l'assemblage, donc, mais pas pour la marque.
Dernier point précisé par cette proposition de révision du mécanisme des aides : ces dernières seraient soumises à une condition de détention du véhicule par le bénéficiaire sur une durée de cinq ans (contre, actuellement, une condition de non-revente en dehors du territoire français sur la durée de vie de la fiche).
Soumis à consultation publique, le projet d'arrêté doit entrer en vigueur le 1er juin 2026.
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