Gazole : sans surprise, les transporteurs routiers encore exclus des nouvelles aides

Une conférence de presse d'une heure, des annonces pour un renforcement des aides, un mécanisme simplifié promis pour les obtenir… Mais les transporteurs routiers ne verront rien de tout ça. Le gouvernement a donc présenté le 22 septembre au soir une nouvelle vague d'aides face à la nouvelle hausse du coût du carburant. Comme Maud Bregeon, ministre de l'Énergie, l'avait annoncé en début de mois, le TRM est cette fois-ci exclu.
"Sur les factures, il y a la possibilité de répercuter les hausses de prix du carburant aux clients. C'est même une obligation. Les aides, même si je reconnais qu'elles ont mis du temps à être versées, ne sont aujourd'hui plus nécessaires", a déclaré Roland Lescure, ministre de l'Économie. Les secteurs agricoles et BTP restent, eux, bénéficiaires de ces aides, prolongées jusqu'au 31 décembre 2026.
Indexation du carburant : pas respectée selon les organisations
Les organisations professionnelles n'ont pas tardé à exprimer leur colère. "Les pouvoirs publics continuent de renvoyer le secteur vers les mécanismes d'indexation du carburant. Si tel est le cas, elle demande que toute la transparence soit faite sur leur application réelle. Combien de contrôles la DGCCRF a-t-elle réalisés à la suite des signalements effectués par les entreprises ? Combien de mises en demeure ont été prononcées ? Combien de sanctions ont été engagées ? Les transporteurs ont le droit de connaître les résultats concrets de l'action de l'État pour faire respecter les dispositions pourtant prévues par la loi", réclame la FNTR, qui demande à être reçue au plus vite par le Premier ministre.
L'OTRE adopte une position similaire, rappelant que 80 % des entreprises de TRM sont des TPE et PME et que "le rapport de force est profondément déséquilibré face aux grands donneurs d’ordre privés comme publics". Elle poursuit : "Trop souvent, les entreprises de transport se voient imposer des formules, des indices ou des délais de répercussion qui ne compensent que partiellement, et tardivement, la hausse réelle de leurs coûts."
En résumé, le gouvernement supprime les aides pour les transporteurs routiers car ils devraient pouvoir répercuter la hausse du coût du gazole sur leurs factures. Dans les faits, les organisations estiment que ce n'est pas le cas en raison d'un rapport de force déséquilibré avec les donneurs d'ordre, et d'un manque de contrôle sur le sujet.
Les précédentes aides encore en attente
Les organisations rappellent par ailleurs que le décret relatif aux aides des mois de juin, juillet et août n'a toujours pas été publié et aucun versement n'a pu être effectué aux entreprises concernées. Selon l'OTRE, seule l'aide du mois d'avril a été entièrement versée aux transporteurs concernés.
"La colère des transporteurs est immense. Depuis des mois, les entreprises attendent des aides promises, les décrets ne sortent pas, les versements n'arrivent pas, et aujourd'hui le gouvernement trouve les moyens de prolonger les dispositifs pour d'autres secteurs tout en laissant le transport routier sur le côté. C'est un manque de considération inacceptable pour des milliers d'entreprises qui font tourner l'économie française chaque jour", conclut Florence Dupasquier, présidente de la FNTR.
Un mot de l'Union TLF qui, avant les annonces, demandait un moratoire en Alsace et dans le Grand Est, où sera instaurée en 2027 l'écotaxe poids lourd. "Quand le carburant flambe et que les marges s’effondrent, ajouter une taxe n’accélère pas la transition écologique : cela fragilise les entreprises et menace l’emploi. Le signal attendu est clair : un moratoire immédiat et une véritable concertation avec les acteurs du transport", indique l'organisation.
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