Gazole : les transporteurs routiers finalement privés des aides

En début de semaine, Maud Bregeon, ministre déléguée à l'Énergie et porte-parole du gouvernement, annonçait une quatrième vague d'aides pour les secteurs les plus touchés par la crise du gazole, incluant les transporteurs routiers. Ce jeudi 3 août, elle s'est ravisée. Le secteur du TRM sera ainsi exclu de cette nouvelle vague d'aides (valable pour septembre et octobre) au motif que les transporteurs auraient déjà "pu répercuter la hausse sur [leurs] contrats", contrairement à d'autres secteurs comme l'agricole, la pêche ou le BTP.
Une répercussion pourtant compliquée
"Cet argument ne résiste pas à la réalité économique vécue par les entreprises. Depuis plusieurs années, l’OTRE dénonce les conditions d’application trop complexes et insuffisamment contraignantes de ce dispositif, qui placent trop souvent les transporteurs en situation de faiblesse face à leurs donneurs d’ordre", dénonce l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE).
Cet été, des travaux ont été initiés par le ministère des Transports pour simplifier et renforcer ce mécanisme d’indexation, mais n'ont pas encore abouti. Difficile donc de supposer que les transporteurs ont facilement répercuté les coûts flambants du gazole.
Une exclusion surprise
Surtout, la surprise de cette annonce est totale pour le secteur. "Nous découvrons cette annonce. Le ministère n'a pas eu la délicatesse de nous informer en amont", déplore Jean-Marc Rivera, délégué général de l'OTRE.
En outre, le problème est plus profond que cette nouvelle du jour. En effet, pour la première vague (valant pour le mois d'avril), 40 % des entreprises ayant fait la demande n'ont pas encore été payées selon l'organisation. Pour la seconde vague (mois de mai), aucun des près de 10 000 dossiers déposés n'a pour l'instant déposé sur un versement. "Pire encore : pour la troisième vague, qui vaut pour juin, juillet et août, nous n'avons pas encore de modalités officielles", ajoute Jean-Marc Rivera.
De son côté, la Fédération nationale des Transports Routiers (FNTR) se désole mais "n'est pas surprise par cette annonce". La position est similaire : "Aucune aide n'est prévue pour le mois de septembre, alors même que les entreprises attendent toujours la publication du décret relatif aux aides des mois de juin, juillet et août. Depuis plus de six mois, nous dénonçons des décisions qui arrivent systématiquement à contretemps. […] Il est urgent de donner de la visibilité aux entreprises et d'accélérer les travaux engagés sur un mécanisme plus efficace de répercussion du coût du gazole", réagit Florence Berthelot, déléguée générale de la FNTR.
L'Union TLF également surprise
L'Union TLF a également fait part de son incompréhension face à cette annonce du jour. "Il n’est pas acceptable que le transport de marchandises soit le seul secteur à qui l’on dise : « Circulez, il n’y a plus rien à voir ». Au contraire, il est urgent d’agir ! L’augmentation des prix du carburant aggrave de manière dangereuse notre déficit de compétitivité par rapport aux autres pays européens. Les demandes de l’Union TLF sont claires, à commencer par un moratoire sur toute hausse de fiscalité d’ici l’élection présidentielle : maintien du régime fiscal sur le B100 et moratoire sur les écotaxes régionales", commente Jean-Thomas Schmitt, président de l’Union TLF.
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