Gazole : la réunion avec le gouvernement accouche d'une souris pour les transporteurs

Elle était attendue, la grande réunion a eu lieu mardi 17 mars 2026 après-midi : Philippe Tabarot, ministre des Transports, et Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée chargée de l'Énergie, ont reçu les différentes organisations du monde du transport, dont le TRM (transport routier de marchandises) pour évoquer les conséquences de l'explosion des coûts du gazole pour les entreprises, et y trouver des solutions. Les distributeurs de carburants étaient également conviés "pour faciliter le dialogue et remonter plus facilement les informations terrain", justifiait Philippe Tabarot.
Aucune aide annoncée pour les transporteurs
Le ministre a rappelé, en préambule, l'importance du TRM pour la vie du pays : "Sans le TRM, pas d'approvisionnement de nos commerces, pas d'économie possible. 90 % des marchandises circulent par la route en France. Vous êtes un des poumons de notre économie." Rappelant les marges faibles des entreprises du secteur, Philippe Tabarot a reconnu le fort impact financier de la hausse brutale du coût carburant. Après une heure et demi de débats, les deux ministres ont exclu des aides financières directes pour les transporteurs, rappelant que les conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient "ne sont pas le fait de la France", et que la situation n'était pas comparable avec les précédentes crises.

Les représentants des transporteurs routiers étaient présents à cette réunion... Mais ils n'étaient pas les seuls. Une "grand-messe" que regrette Florence Berthelot (FNTR). ©JPL/FLM
Philippe Tabarot a néanmoins assuré qu'il allait étudier avec le ministère de l'Économie les "mesures concrètes demandées" par les transporteurs. "Nous comprenons leurs demandes sur les sujets de trésoreries, d'encours, de délais de paiements... Ce sont des mesures qui, concrètement, pourraient beaucoup les aider", a-t-il ajouté. Mais pas de mesure immédiate de soutien aux transporteurs, ni de date pour une éventuelle annonce.
Grande déception pour les organisations professionnelles
De quoi irriter les organisations professionnelles qui ont fait le déplacement. "Il y a beaucoup de déception", lançait Florence Berthelot, déléguée générale de la FNTR, à la sortie de la réunion. "Nous sommes surpris par la tournure de grand-messe qu'a pris cette rencontre, mélangeant tous les pans du transport, jusqu'aux taxis et VTC, le ferroviaire, les distributeurs de carburants…" Parmi ces derniers, Florence Berthelot a même regretté que certains aient "minoré les difficultés des transporteurs, notamment à obtenir des prix de livraison à la cuve inférieurs à ceux à la pompe".
Jean-Marc Rivera, délégué général de l'OTRE, parlait lui aussi de "grande déception". Il poursuit : "Nous attendions des réponses plus fortes à nos préoccupations, d'autant que le ministre a rappelé le rôle vital du transport pour l'économie française. Le secteur subit déjà beaucoup de défaillances. Sans ces réponses, nous allons accélérer cette mortalité d'entreprises. Il faut des aides fortes et immédiates pour les transporteurs. Ce sont des dispositions qui coûteraient à l'Etat, mais il y trouvera un équilibre car cela sauverait des emplois."
Un espoir pour les encours et le report des cotisations sociales ?
Bref, une nouvelle réunion pour peu de résultats… "Après deux semaines et demi de crise, on ne nous propose toujours pas de mesure concrète, aucune aide, pas de remise fiscale, rien ! Nous avons déjà multiplié les réunions, et on se répète encore une fois aujourd'hui, pour s'entendre dire « on vous écrira »…, se désolé Florence Berthelot. Le ministre a dit qu'ils allaient étudier les plafonds d'encours pour les cartes carburants… mais aucune mesure n'est attendue concernant les trésoreries des transporteurs. Cela engendre une vraie menace de voir des camions mis à l'arrêt pour éviter de rouler à perte."
Du côté de l'Union TLF, le délégué général Olivier Poncelet s'est montré plus optimiste après cette réunion, retenant que "le gouvernement nous a assuré qu'il allait instruire une demande que nous portons depuis plusieurs jours : le report de cotisations sociales pour alléger les trésoreries des transporteurs". Autre point souligné : la mise en place d'une cellule de suivi plus précis des approvisionnements "pour éviter toute difficulté d'approvisionnement pour les transporteurs, notamment en cuve".
Il s'agit maintenant d'attendre encore plusieurs jours, et voir ce que le gouvernement finira par sortir de son chapeau pour aider les transporteurs face à cette violente crise économique.
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