Gazole : la flambée relance le débat fiscal

La hausse des prix du pétrole n’aura pas tardé à produire ses effets sur le transport routier. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les tarifs du gazole repartent à la hausse et la question d’une intervention publique s’invite de nouveau dans le débat politique.
À Matignon, le sujet devait occuper une place centrale lors de la réunion du 11 mars entre le Premier ministre et les chefs de parti. Pour l’heure, selon Contexte, l’exécutif adopte une position prudente. Il mise sur le contrôle des pratiques des distributeurs et n’envisage pas, à ce stade, de mesure budgétaire. Mais cette position devient difficile à tenir face aux propositions qui se multiplient dans les rangs politiques.
La France insoumise plaide pour un blocage des prix. Le Rassemblement national réclame une baisse des taxes. De leur côté, Les Républicains défendent le retour d’une "taxe flottante", qui consiste à réduire les accises lorsque la hausse des prix génère davantage de TVA. Plusieurs responsables socialistes évoquent également cette option, associée à l’hypothèse d’un chèque carburant ciblé.
Reste que toute mesure fiscale aurait un coût pour les finances publiques. Un rapport de la Cour des comptes publié en 2005 évaluait à 1,3 milliard d’euros la perte de recettes liée à la taxe flottante pour une baisse d’environ 2,2 centimes par litre.
Une hausse déjà visible dans les coûts du transport
Si le débat s’intensifie à Paris, c’est aussi parce que la hausse des prix commence déjà à produire ses effets dans les entreprises de transport. Selon le Comité national routier (CNR), les relevés effectués entre le 2 et le 5 mars montrent une progression rapide du prix du carburant supporté par les entreprises du secteur.
Par rapport à la fin février, le coût du gazole a augmenté de 20,3 % pour les poids lourds de plus de 7,5 tonnes, tandis que la hausse atteint 18 % pour les véhicules légers de moins de 7,5 tonnes.
Cette évolution se traduit déjà dans les coûts d’exploitation. Toujours selon le CNR, l’impact sur le coût de revient d’un ensemble articulé en longue distance atteint +4,2 %, contre +3,9 % pour l’activité régionale et +3,3 % pour un porteur régional.
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