La pénurie de conducteurs inquiète toujours plus les transporteurs

L'IRU (International road transport union - Union internationale des transports routiers) sonne l'alarme pour le métier de conducteur routier. Près de trois millions de postes seraient vacants sur 18 des principaux marchés mondiaux selon l'organisation. En Europe, ce sont 502 000 chauffeurs poids lourds qui manquent à l'appel, soit un taux de pénurie estimé à 13 %.
Le taux explose depuis le début de la décennie, et la pénurie de conducteurs routiers s'installe durablement. Contrairement aux années précédentes, où les tensions sur le marché de l'emploi évoluaient en fonction de la conjoncture, l'IRU estime que le secteur fait désormais face à une pénurie de nature structurelle. Ainsi, malgré un ralentissement économique certain, les difficultés de recrutement continuent de s'aggraver, alors qu'elles devraient s'atténuer.
Les PME encore plus touchées
Parmi les facteurs explicatifs : le vieillissement de la population active, les difficultés d'accès à la profession, le manque d'infrastructures adaptées aux conducteurs ou encore l'évolution des attentes vis-à-vis du travail (voir plus bas). La conséquence est édifiante : les deux tiers des transporteurs européens déclarent refuser de nouveaux contrats faute de conducteurs en nombre suffisant. Par ailleurs, les PME du transport affichent des taux de pénurie plus importants encore que les grandes entreprises (six points de plus en moyenne, soit 19 %).
"Malgré les efforts considérables du secteur, la pénurie de conducteurs s'est aggravée pour devenir un problème structurel critique pour l'industrie du transport routier. Le recrutement de conducteurs a un impact direct sur la capacité de transport, la croissance des entreprises et la fiabilité de la chaîne d'approvisionnement", commente Umberto de Pretto, secrétaire général de l'IRU.
Attirer les nouvelles générations
Chiffre plus inquiétant encore mis en avant par l'IRU : près de 660 500 conducteurs devraient partir à la retraite en Europe d'ici 2030, soit 20 % des effectifs. Et ce alors que les nouveaux entrants dans la profession restent peu nombreux, et que le taux de conductrices peine à décoller (4 %). Pour les nouvelles générations, le salaire n'est définitivement plus le critère déterminant pour rejoindre le secteur. Qualité des véhicules, disponibilité de parkings sécurisés, organisation des tournées, temps passé au domicile et meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle… De nombreux critères entrent en jeu.
"L'IRU appelle à une action coordonnée des gouvernements et du secteur. La pénurie ne peut être résolue par de simples campagnes de recrutement. Le secteur doit améliorer la qualité de l'emploi et faire de la conduite professionnelle une véritable carrière, permettant aux individus d'y accéder, d'y évoluer et de s'y épanouir durablement", conclut Umberto de Pretto.
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