Intelligence artificielle : 97 % des transporteurs routiers ont déjà sauté le pas

La tendance se confirme : l'intelligence artificielle (IA) se généralise dans le transport routier de marchandises. Comme chaque année, l'éditeur de solutions logicielles Descartes Systems Group publie une étude sur la gestion du transport. Sur un panel de 300 décideurs européens, seuls 3 % des entreprises interrogées ont indiqué ne pas se servir de l'IA dans leurs activités.
Une donnée qui illustre la nouvelle dynamique du secteur, confronté à des flux toujours plus complexes et à une pression croissante sur les coûts. "Le sujet n’est plus de savoir si les entreprises utilisent l’IA mais ce qu’elles en font concrètement au quotidien", résume Elmer Spruijt, vice-président chargé de la gestion des transports pour la région EMEA chez Descartes.
Sur ce point précis, les usages sont divers. Pour certaines entreprises, l'IA sert avant tout à effectuer des tâches chronophages et à faible valeur ajoutée : automatiser la saisie, traiter des données brutes... Face à des clients de plus en plus exigeants sur les délais, d'autres y voient un levier pour gagner en réactivité.
Ainsi, 37 % des entreprises ont recours à l'IA pour optimiser les itinéraires et les chargements tandis que 29 % l'utilisent pour anticiper les futures expéditions.
De l'automatisation au pilotage stratégique
De leur côté, les entreprises les plus avancées vont encore plus loin. Elles ne voient plus l'IA comme un simple outil mais comme un véritable levier opérationnel. 61 % y recourent pour automatiser la saisie des données et plus de la moitié l'utilisent pour mieux anticiper les volumes.
Parmi elles, 39 % s'en servent pour ajuster leurs tarifs de transport en fonction de la demande, et autant pour optimiser la planification de leurs tournées et de leurs ressources.
"On voit clairement émerger un écart entre les organisations qui restent sur des usages opérationnels et celles qui s’appuient déjà sur l’IA pour optimiser leurs prix, planifier leurs activités ou anticiper la demande", poursuit Elmer Spruijt.
Outre les modalités d'utilisation, le recours à l'IA varie également selon le type d'acteur. Les chargeurs apparaissent plus avancés que les prestataires logistiques, que ce soit pour la saisie des données (45 % contre 36 %) ou pour l'optimisation des itinéraires et des chargements (42 % contre 31 %).
Après avoir maîtrisé ses fondamentaux, les entreprises réfléchissent désormais à comment en décupler les bénéfices. L'IA générative apparaît comme la prochaine priorité. Un quart des sociétés interrogées y voient déjà un outil pour piloter leurs activités et renforcer leur service client.
Dans un secteur soumis à de fortes pressions, la question n'est plus tant de savoir s'il faut utiliser l'IA, mais à quelle vitesse peut-on en tirer parti avant que l'écart avec les plus performants ne devienne insurmontable.
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