GreenFleet aide les transporteurs à se projeter dans la transition énergétique

"Pour la majorité des transporteurs, la transition énergétique, c'est encore le grand flou : beaucoup sont dans l'attente, car ils n'ont pas encore les moyens de passer à l'électrique, et la situation des énergies alternatives, que ce soit le B100 ou le gaz, met un peu le bazar dans les têtes. Avoir un outil aussi clair, ça aide !" D’emblée, Sébastien Le Quoy, cofondateur de GreenFleet, pose le constat.
Lancée début 2025, la solution se présente comme un "jumeau numérique de la performance économique et environnementale d'une flotte". Son principe : exploiter les données réelles d’une flotte - voire d’un seul trajet - pour simuler des conversions vers des énergies alternatives, en recherchant le meilleur TCO (coût total de détention).
Une modélisation fine de l’exploitation
GreenFleet repose d’abord sur l’intégration des données d’exploitation : sites, infrastructures énergétiques, foncier disponible et flottes. "Plus les données qualifiées à un véhicule sont précises, plus les modélisations seront précises", assure le dirigeant.
L'utilisateur importe ensuite son plan de transport, soit via pour importer son plan de transport, l'utilisateur peut soit recourir à un outil télématique (qui transmet les positions GPS des véhicules), soit manuellement en enregistrant des adresses de départ et d'arrivée pour les missions (l'outil reconstitue alors lui-même le trajet le plus court). GreenFleet calcule alors distances, consommations, coûts et émissions, en prenant en compte un maximum de paramètres (charge, vitesse, topographie…).
Conversion : faisabilité, coûts et contraintes opérationnelles
Une fois la base établie, l’outil simule les scénarios de conversion. Il intègre notamment la stratégie d’avitaillement (infrastructures, détours, coûts associés). "On inclut aussi les différentes problématiques du transporteur : est-ce que son trajet peut supporter un détour ? Tout doit être intégré au calcul", insiste Sébastien Le Quoy. Si les conditions ne sont pas réunies — absence d’infrastructures ou contraintes foncières — certaines conversions ne sont tout simplement pas proposées.
Lorsque le passage à une énergie alternative est possible, GreenFleet identifie les véhicules adaptés dans les catalogues constructeurs (dont GreenFleet dispose) et calcule un TCO complet : véhicule, énergie, aides, infrastructures. L’outil peut aussi fonctionner en mode objectif, avec un scénario de verdissement visé et à partir duquel il va proposer des conversions.
Intégrer l’incertitude des marchés
Dans un contexte de forte volatilité des prix de l’énergie, GreenFleet actualise quotidiennement les prix des énergies via un agent IA et analyse les fluctuations historiques. "On n'a pas de boule de cristal, mais nous pouvons calculer dans quelle amplitude le TCO avec une certaine filière peut varier selon les fluctuations de marché. Pour cela, GreenFleet applique les fluctuations des dix dernières années, et informe des probabilités de variation des marchés", détaille le dirigeant.
Des usages au-delà des transporteurs
La solution cible d’abord les exploitants de flottes, pour qui plusieurs modes d'accès sont possibles : usage ponctuel, abonnement ou licences avancées. "L'exploitant a besoin de voir une première analyse pour ensuite envisager d'utiliser une solution de manière récurrente", estime Sébastien Le Quoy. Mais le risque est le suivant : une simulation de conversion réalisée le 1er février n'est plus valable le 1er avril, compte tenu de la flambée du coût du gazole entretemps. Voilà pourquoi le modèle d'abonnement, commun pour une solution Saas, est priorisé par les dirigeants.
Par ailleurs, les usages de GreenFleet s'élargissent déjà. La solution intéresse aussi les énergéticiens, les collectivités ou les financeurs… et plus récemment les constructeurs. Pour ces derniers, le cofondateur reconnait que la solution générait initialement un peu de méfiance : "Ce qu'ils n'aimaient pas trop, c'est que GreenFleet est capable de les comparer les uns aux autres." Cependant, ce dernier assure avoir entamé les discussions avec plusieurs constructeurs : d'abord un spécialiste bien connu du rétrofit hydrogène, puis plus récemment deux historiques européens, avec qui les tests ont été concluants. "Désormais, les discussions sont en cours pour intégrer GreenFleet dans leur process commercial", confie Sébastien Le Quoy.
Pour le moment, GreenFleet vise un déploiement en France. Mais les dirigeants voient déjà plus loin : "Nous avons déjà les réseaux routiers européens sur notre outil, et les modèles sont globalement identiques sur le marché continental", confirme Sébastien Le Quoy. Car accélérer la transition du transport routier français, c'est bien, à l'échelle européenne, c'est mieux.
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