Malgré un léger rebond, le transport routier reste sous pression

Le transport routier de marchandises a repris quelques couleurs au deuxième trimestre 2026. Après le choc provoqué par la flambée des coûts énergétiques en début d'année, les indicateurs présentés par la FNTR (Fédération nationale des transports routiers) se redressent légèrement. Une évolution toutefois qualifiée de simple "correction partielle" plutôt que de véritable reprise. Le secteur reste confronté à une demande fragile, des marges sous tension et une visibilité toujours limitée.
L'activité récente progresse par rapport au premier trimestre, et les anticipations sont un peu moins pessimistes. Mais l'ensemble des indicateurs demeure inférieur à sa moyenne de long terme, signe que le TRM évolue toujours en sous-régime.
Des recrutements toujours en attente
Du côté de l'emploi, la baisse des effectifs de conducteurs semble s'être interrompue. Pour autant, les entreprises ne relancent pas leurs embauches. Elles préfèrent préserver leurs compétences en attendant une amélioration plus durable de l'activité. Pas de baisse d'effectifs, mais pas d'étoffement, donc.
Les difficultés de recrutement restent d'ailleurs élevées : 39 % des transporteurs déclarent encore rencontrer des difficultés pour recruter, contre 41,6 % un an plus tôt. Cette légère détente s'explique davantage par le ralentissement de l'activité que par une amélioration de l'attractivité du métier.
Les investissements limités au strict nécessaire
Même prudence sur les investissements : les achats de véhicules restent essentiellement destinés au renouvellement du parc, sans augmentation des capacités. Les transporteurs privilégient la préservation de leur trésorerie dans un contexte marqué par des marges comprimées, des coûts toujours élevés et une forte incertitude économique. La crise en Iran qui repart de plus belle ne devrait pas améliorer la tendance.
Cette situation pourrait "retarder le renouvellement technologique des flottes" selon la FNTR, alors même que la transition énergétique nécessite des investissements importants. Les chargeurs (donneurs d'ordre) étant eux même aussi dans le flou, leur attentisme n'aide pas l'activité des transporteurs à redécoller.
Le moral remonte, mais pas la confiance
Enfin, le moral des dirigeants s'améliore après avoir atteint un point bas historique au premier trimestre. La part des chefs d'entreprise se déclarant insatisfaits de la situation de leur entreprise passe ainsi de 78 % à 55 %. Un progrès notable, mais qui reste insuffisant pour parler d'un véritable retournement de tendance. Ce niveau demeure en effet supérieur à celui observé en 2025, preuve que les entreprises restent fragilisées par la baisse de leurs marges et l'incertitude persistante.
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