Gazole : 50 millions d'euros d'aide de l'État débloqués pour les transporteurs

Après de timides premières mesures qui n'étaient pas censées impacter son propre portefeuille, le gouvernement a finalement mis la main à la poche. Un budget de 70 millions d'euros pour le mois d'avril (et avril seulement) a été débloqué pour aider les secteurs les plus impactés par la flambée du prix du gazole et des autres énergies. Les transporteurs routiers sont bien sûr concernés, à hauteur de 50 millions d'euros.
"Cette mesure cible les TPE/PME du transport public routier de marchandises et du transport public routier de voyageurs, justifiant de difficultés de trésorerie majeures liées à la crise", précise le gouvernement. Concrètement, cette aide forfaitaire consiste en une remise de 20 centimes d'euros par litre de gazole pour les entreprises concernées.
Réaction des organisations professionnelles
La remise est récupérable via un dispositif de guichet dédié, qui sera prochainement mis en place. L'aide s'ajoute aux possibilités de report des cotisations sociales, d'étalement des échéances fiscales et de prêts courte durée avec Bpi France, déjà annoncées.
Suffisant ? Pas pour la FNTR, qui dénonce des mesures "incompréhensibles". L'organisation professionnelle juge ce dispositif d'aides "complexe, lourd à activer et insuffisant". Elle détaille : "Qu'appelle-t-on une entreprise très fragilisée ? Auprès de qui faut-il constituer un dossier ? Quel sera le délai de traitement ? Au-delà des effets d'annonce, comment cela fonctionne-t-il de manière opérationnelle et rapide ?" La FNTR juge par ailleurs que le début de l'aide en avril arrive trop tard.
L'OTRE considère que la mesure répond "partiellement" à ses revendications, mais que ce n'est pas une réponse "durable" aux difficultés des entreprises. Surtout, l'OTRE juge que l'acceptabilité de la mesure est conditionnée à "un versement immédiat des aides" et "des conditions d'accès simples, claires et réellement accessibles à toutes les entreprises du transport routier".
Enfin, l'Union TLF affirme qu'elle aurait préféré "une baisse immédiate de la fiscalité du carburant applicable aux transporteurs, et non une nouvelle politique du chèque, qui présente plusieurs limites majeures", dont des difficultés administratives.
Par ailleurs, le gouvernement souhaite aussi "amplifier la trajectoire d'électrification en cours du parc de véhicules particuliers et professionnels". Mais avec quel argent pour les transporteurs aux finances plus que fragilisées ?
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