Michelin intègre Pneu Laurent

À Avallon (89), l’histoire industrielle locale s’apprête à changer de nom, mais pas de métier. Le spécialiste du rechapage de pneus poids lourds Pneu Laurent va disparaître juridiquement pour devenir un site Michelin à part entière. L’accord de fusion-absorption, signé le 21 avril 2026 entre la direction, les organisations syndicales et le groupe clermontois, entérine une évolution engagée de longue date.
Déjà actionnaire majoritaire depuis 1973, Michelin franchit cette fois une étape supplémentaire en intégrant pleinement l’entreprise fondée en 1946 dans une station-service.
Un site à relancer dans un marché du rechapage chahuté
Ce basculement intervient dans un contexte économique dégradé pour la filière du rechapage. Dans un marché du pneumatique compliqué, les produits rechapés ont subi ces dernières années une chute historique, concurrencés par l’essor des montes neuves d’entrée de gamme importées d’Asie. Face à cette conjoncture, l’activité du site d’Avallon a décliné, voyant sa production passer de 240 000 unités en 2019 à 180 000 aujourd’hui.
Dans ce cadre, la fusion est présentée comme un véritable levier industriel par Michelin. Jusqu’ici structurée de manière autonome, Pneu Laurent devait composer avec ses propres systèmes, jugés vieillissants, et des contraintes administratives spécifiques. L’intégration doit permettre d’aligner le site sur les standards du groupe clermontois, tant en matière d’outils que de gestion.
L’objectif affiché est double : simplifier le fonctionnement et améliorer la compétitivité. Concrètement, le site d’Avallon doit bénéficier des investissements du groupe, sans avoir à en supporter seul la charge. Cette évolution doit aussi faciliter l’accès aux innovations développées par Michelin, dans un secteur où la performance industrielle reste déterminante.
Sur le plan social, l’accord a fait l’objet de plusieurs mois de négociations. La principale garantie obtenue concerne l’absence de licenciements et le maintien des niveaux de rémunération. L’ajustement des effectifs – le site compte près de 360 salariés – doit passer par des départs naturels, des mobilités internes au groupe et des projets volontaires.
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