Les TPE du transport routier en première ligne face à la flambée du coût du gazole

La flambée du coût du gazole ne pèse pas de la même manière sur toutes les entreprises de transport routier. Les plus petites structures semblent davantage en difficulté pour répercuter cette inflation auprès de leurs clients, selon une enquête flash menée par l'Union TLF en septembre auprès de 80 entreprises du secteur (représentant plus de 9 300 salariés et 1,2 milliard d’euros de chiffre d'affaires).
Le mécanisme légal d'indexation du prix du carburant, sur lequel le gouvernement s'appuie pour justifier l'exclusion des transporteurs routiers des nouvelles aides, est appliqué correctement par 73 % des transporteurs selon cette enquête. En revanche, quand on se focalise sur les réponses des dirigeants de TPE (moins de 10 salariés) du secteur, on tombe à une part d'environ 50 %.
Une pression accrue sur les prix et les paiements
"Outre des charges d'exploitation plus élevées, la hausse du coût des carburants s'accompagne aussi d'une pression sur les prix de transport et des délais de paiement plus longs", précise par ailleurs l'Union TLF. En effet, 45 % des transporteurs indiquent que leurs clients ont contesté l'indexation, contre 33 % en mars dernier.
Dans le même temps, 46 % des répondants constatent une pression accrue sur les prix spot, et 48 % déplorent un allongement des délais de paiement (contre 25 % en mars). Ainsi, seuls 16 % des transporteurs estiment être payés dans le délai légal des 30 jours, contre 23 % en mars. Moins d'un tiers est même réglé en moins de 45 jours.
Des conséquences sur les trésoreries
Cette difficulté à répercuter le gazole a aussi une conséquence directe sur la trésorerie des entreprises de transport. Parmi les transporteurs estimant ne pas appliquer convenablement l'indexation, 73 % jugent leur risque de cessation de paiement modéré ou élevé. Cette proportion tombe à 36 % chez ceux qui considèrent appliquer correctement le mécanisme.
L'Union TLF rappelle ainsi que les aides de l'État sont insuffisantes, alors que le prix du diesel professionnel a progressé de 50 % depuis le début de la crise. L'organisation demande une application stricte de l'indexation gazole et du respect des délais de paiement. Elle appelle également à alléger la fiscalité pesant sur le transport routier, notamment celle appliquée au carburant.
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