Gazole : comment les autres États européens protègent-ils leurs transporteurs ?

Que fera la France ? À la suite des tensions au Moyen-Orient, le prix du gazole a explosé un peu partout dans le monde. En France, la barre des 2 euros le litre a été franchie. Pour les transporteurs routiers de marchandises, c'est l'angoisse de surcoûts démentiels, ne pouvant pas encore être répercutés, qui prédomine. Les organisations professionnelles doivent rencontrer le gouvernement cette semaine, mais Philippe Tabarot, ministre des Transports, ne semblait pas enclin aux mesures d'aides, craignant pour les finances publiques. Quid de nos voisins ?
Léger encadrement en Allemagne
En Allemagne, le prix du litre du diesel a également dépassé les 2 euros. En revanche, l'État a décidé d'encadrer les hausses en imposant aux stations-service une limitation des variations de prix. Ainsi, les tarifs ne peuvent être augmentés qu'une seule fois par jour, ce qui doit limiter la rapidité de cette hausse des coûts. En Autriche, la règle est similaire et existe d'ailleurs depuis une décennie. Actuellement, les stations-service ne peuvent plus modifier leurs prix que trois fois par semaine. Pour ces pays, en revanche, c'est comme en France : pas de mesure d'aide directe pour les transporteurs.
L'Italie et l'Espagne en mode soutien
D'autres pays frontaliers voient les choses différemment. C'est le cas de l'Italie. Les prix à la pompe y sont similaires à ceux dans l'Hexagone, mais le gouvernement étudie la question d'utiliser les recettes excédentaires de TVA générées par cette explosion du coût du gazole pour réduire les taxes spécifiques sur l'essence et le diesel. Notre voisin transalpin souhaite également forcer les stations à afficher les prix moyens nationaux des carburants à côté de leurs propres tarifs.
Autre voisin du Sud : l'Espagne. Les secteurs les plus touchés par cette inflation du carburant bénéficieront d'un allègement fiscal, voire même d'un gel de loyers. Des mesures sociales sont aussi prévues, comme l'interdiction de licenciement pour des raisons liées à l'énergie.
À l'est, des mesures renforcées
Plus on se dirige vers l'est, plus les mesures sont fortes. En Grèce, le gouvernement a plafonné les marges bénéficiaires sur le carburant pendant trois mois. En Hongrie, des plafonds ont été instaurés à la pompe : le diesel ne peut pas dépasser les 1,56 euro le litre (615 forints) pour un plein réalisé par un véhicule immatriculé dans le pays. Les stations sont par ailleurs approvisionnées par des réserves stratégiques, pour un coût de près de 30 millions d'euros absorbé par l'État.
D'autres pays, comme la Slovénie et la Croatie, ont aussi plafonné les prix de vente des carburants. La Serbie a de son côté suspendu les exportations pour s'assurer un approvisionnement intérieur maximal pour éviter la flambée des prix. Pour les pays nordiques en revanche – Danemark, Finlande, Suède et Norvège – la hausse du coût du diesel n'apparaît pas comme un sujet majeur. De fait, pas de mesure notable.
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