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Transport

Fret routier : les tarifs flambent mais l'activité reste atone

Publié le 20 août 2026

Par Lucas Autréau
2 min de lecture
Tirés par la nouvelle augmentation du prix du diesel et l'alourdissement des charges d'exploitation, les taux contractuels et spot ont connu une forte progression au deuxième trimestre 2026, selon le rapport publié par Upply, Ti et l'IRU. Une hausse tarifaire qui contraste néanmoins avec la stagnation des volumes.
Les taux contractuels grimpent de 7,9 points par rapport au premier trimestre 2026, tandis que l'indice du marché spot s'envole de 14,6 points. ©Upply

Une situation paradoxale pour le fret routier. Tandis que les prix s'envolent, l'activité, elle, ne redécolle pas. Selon le dernier rapport conjoint d'Upply, Ti et l'IRU, l'indice des taux contractuels a en effet bondi de 7,9 points au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent. Il atteint désormais 148 points, une hausse de 15,2 points sur un an.  

Du côté du marché spot, la progression est encore plus prononcée. L'indice s'établit à 146,8 points, en hausse de 14,6 points sur le premier trimestre (+13,9 points sur un an). Les deux marchés semblent donc désormais avancer de pair, principalement poussés par les coûts d'exploitation plutôt que par un regain de la demande.

Le diesel, une pression majeure sur les coûts

Principal moteur de cette augmentation : le poste carburant. Sur le deuxième trimestre, le prix moyen du gazole professionnel au sein de l'UE s'est établi à 1,94 euro/litre, marquant une hausse de 12 % sur un trimestre et de 27 % sur un an.

Après une brève accalmie fin juin (1,76 euro/l), le cours est reparti au-delà des 2,00 euros/l en juillet, plombé par les tensions géopolitiques et la fermeture répétée du détroit d'Ormuz.

Selon l'indice CNR, l'ensemble des coûts d'exploitation d'un poids lourd longue distance a progressé de 4,9 % sur le seul trimestre. En glissement annuel, cela représente une évolution de 10 %. Face à cette volatilité, les transporteurs n'ont plus la capacité d'absorber ces hausses sans les répercuter sur leurs clients.

Une situation qui s'avère d'autant plus délicate lors des négociations. "La nature de cette crise dans le Golfe rend la prise de décision particulièrement difficile pour les chargeurs. Les fluctuations des prix du carburant au gré des décisions politiques rendent la négociation des contrats encore plus risquée", précise Michael Clover, responsable du développement commercial chez Transport Intelligence.

Pour limiter leur exposition aux fluctuations des prix de l'énergie, les acteurs privilégient désormais les contrats indexés.

Les volumes stagnent, la pénurie de conducteurs continue

Pourtant, cette hausse des tarifs ne traduit aucune reprise de la demande. Au contraire, l'image est plutôt celle d'une stabilisation. Les échanges de fret routier entre les principaux pays européens ont diminué de 1,6 % sur un an, une baisse nettement moins marquée qu'au premier trimestre (-8 %). Ces replis s'observent particulièrement dans les grands corridors comme ceux d'Allemagne-France (-3,9 %) et d'Espagne-France (-3,6 %). À l'inverse, l'axe Allemagne-Pologne progresse de 1,5 %.

À cela s'ajoute une pénurie de conducteurs. Actuellement, 13 % des postes de chauffeurs restent vacants en Europe, ce qui représente 502 000 emplois.

Pour faire face à cette situation, la France, l'Espagne et l'Italie s'appuient sur des mécanismes d'indexation gazole. En Espagne, la répercussion est même devenue obligatoire sous peine de sanctions depuis le décret-loi royal 9/2026 du 16 avril 2026.

Une situation qui ne devrait pas s'améliorer

L'étude anticipe le maintien de cette pression au second semestre sous l'effet des perturbations dans le Golfe, ce qui rendra la production industrielle difficile à maintenir. Les transporteurs devront continuer à répercuter leurs coûts, tandis que les volumes ne progresseraient que de 1 % sur l'ensemble de l'année selon l'IRU. L'organisation stipule toutefois que ce chiffre dépendra fortement de la durée de la crise ainsi que de l'inflation.

Les professionnels sondés partagent également ce constat. Si 54 % tablent sur une légère progression des taux, 31,9 % prévoient désormais une forte hausse, contre seulement 4,9 % au trimestre précédent. À l'inverse, seuls 9,8 % prévoient une stabilité et 4,3 % une baisse.

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