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L'Europe peut-elle lutter face à la concurrence pour produire ses propres batteries ?

Publié le 24 mai 2024

Par Florent Le Marquis
2 min de lecture
Selon une étude de Transport & Environment, fabriquer une batterie en Europe permettrait de réduire jusqu'à 60 % les émissions de CO2 par rapport à une production en Chine. Mais la filière du Vieux Continent a pris du retard dans sa mise en œuvre.
Northvolt a notamment ouvert une usine de fabrication de batteries à Heide, en Allemagne. ©Northvolt

Relocaliser la chaîne de production des batteries en Europe (métaux, cathodes, cellules…) permettrait de réduire de 37 % les émissions liées à leur fabrication. C'est le bilan dressé par une récente étude de Transport & Environment (T&E), qui effectue une comparaison avec une chaîne d'approvisionnement contrôlée par la Chine.

La France, bon élève européen

Cette réduction passerait même à plus de 60 % en utilisant principalement de l'électricité renouvelable. Entre 2024 et 2030, environ 133 millions de tonnes de CO2 pourraient être économisées avec une telle relocalisation, selon T&E. Cela représente les émissions annuelles de la République tchèque.

"Les batteries et les métaux qui les composent sont le nouvel eldorado de l’énergie dans le monde. Pour récolter les bénéfices industriels et climatiques de cette filière, les dirigeants européens doivent faire preuve d'une réflexion commune. Il s'agit de favoriser la production européenne en fixant des exigences strictes en matière de durabilité, par exemple avec les futures règles sur l'empreinte carbone des batteries", commente Diane Strauss, directrice France de Transport & Environment.

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Selon T&E, moins de la moitié (47 %) de la production de batteries lithium-ion prévue en Europe d’ici à 2030 est sécurisée et ne présente pas de risque d’être retardée. La seule France est quant à elle plutôt bon élève. Sur les 171 GWh de batteries prévus dans le pays d’ici 2030, 88 % sont considérés comme étant "à faible risque" d’être annulés ou décalés. Elle se place en quatrième position de la capacité de production annoncée.

La course est lancée

Pour les autres éléments de la chaîne de valeur des batteries, sécuriser la production européenne sera plus difficile, selon T&E. Le Chine se montre dominante, et l'Europe n'a le potentiel que pour produire 56 % de sa demande en cathodes, qui sont les composants les plus précieux des batteries, d'ici à 2030.

Le Vieux Continent pourrait en revanche satisfaire tous ses besoins en lithium traité et faire en sorte qu'entre 8 % et 27 % des métaux de batteries soient issus du recyclage. Mais les usines dédiées doivent se développer rapidement.

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"La course aux batteries entre la Chine, l'Europe et les États-Unis s'intensifie. Si certains investissements dans les batteries, qui risquaient d'être détournés par les subventions américaines, ont été sauvés depuis l'année dernière, près de la moitié de la production prévue d'ici 2030 est encore menacée. Pour y remédier, l'UE doit éviter toute ambiguïté sur la fin de vente des moteurs thermiques et fixer des objectifs d'électrification pour les véhicules d'entreprises. Ces signaux forts permettront d'assurer aux investisseurs que les gigafactories européennes disposeront d'un marché garanti pour leurs produits", conclut Diane Strauss.

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