Scania met l'innovation au service du conducteur

Un lancement taillé pour préparer l'avenir. Le constructeur suédois maintient une cadence d'innovation soutenue en dévoilant son Scania Dynamic à l'IAA Transportation d'Hanovre (15-20 septembre 2026). Cette évolution des séries R et S de la marque vise avant tout à faciliter le quotidien des professionnels de la route. "L'accent a été mis sur l'expérience et le confort de conduite", pose Jessica Eriksson, responsable solutions et promotion des ventes chez Scania.
Preuve de cette orientation, l'aménagement intérieur de la cabine a été revu en profondeur. Le programme de sièges intègre à présent un dossier inclinable permettant au conducteur de se reposer plus confortablement lors des pauses. L'assise du conducteur se veut également plus ergonomique pour limiter la fatigue sur les longs parcours. Plus globalement, l'habitacle gagne en praticité grâce à l'intégration d'un chargeur de smartphone sans fil et d'un éclairage d'ambiance à LED personnalisable. On mentionnera aussi la nouvelle couchette inclinable de 800 mm, avec dossier réglable jusqu'à 60°. La performance n'est toutefois pas délaissée.
Le constructeur suédois revendique en effet une amélioration de 2 % de l'efficacité énergétique. Une progression qui s'explique par l'allègement de certains composants et par un travail poussé sur la pénétration de l'air, marqué par une face avant retouchée, de nouvelles optiques LED et l'ajout d'appendices aérodynamiques sur les huit piliers de la cabine. Un ensemble d'innovations pensé pour optimiser la consommation tout en se conformant à la réglementation européenne IVD (Improved Vehicle Design), qui fixe de nouvelles normes de sécurité et oblige à intégrer des équipements d'éclairage et de protection optimisés.
Une philosophie forgée au cœur de la R&D
Mais les évolutions apportées sur le Scania Dynamic ne doivent rien au hasard. Elles découlent directement de la méthode industrielle du constructeur. Un travail de fond du centre de recherche et développement de Scania, à Södertälje. C'est là, près de Stockholm, que le constructeur conçoit et valide l'ensemble de ses projets en s'appuyant sur les retours du terrain.
Avant leur mise en circulation, les camions sont notamment soumis à des tests grandeur nature et dans des conditions différentes, du grand froid scandinave aux chaleurs désertiques, en passant par le trafic urbain. "La fiabilité n'est pas un critère que nous testons en toute fin de processus : elle est intégrée et vérifiée tout au long du processus de développement", insiste Martin Linderoth, responsable technique dédié à la fiabilité chez Scania.
Pour affiner ses réglages et prouver la validité de ses modèles, le groupe associe ses propres clients et ses chauffeurs professionnels à ces sessions d'essais en conditions réelles. Objectif : s'appuyer sur leurs retours d'expérience pour confectionner des produits fiables, durables et adaptés à leurs besoins. "En combinant des évaluations axées sur le client, des essais opérationnels et une étroite collaboration au sein du département R&D, nous sommes en mesure d'identifier rapidement les améliorations possibles et d'affiner en permanence nos produits", résume Henrik Pettersson, responsable des ventes produits chez Scania Touring.
Volants, sièges : le confort comme priorité
Cette proximité avec le terrain prend tout son sens une fois la porte de la cabine franchie, là où le confort de vie rejoint l'impératif d'ergonomie. Élément central de la conduite, le volant fait ainsi l'objet d'une attention toute particulière. Sans chercher la surenchère technologique, Scania en a affiné la préhension, les matériaux et la forme pour offrir une prise en main plus intuitive et réduire la tension musculaire au fil des kilomètres.
Un travail minutieux qui s'appuie sur les retours d'expérience des chauffeurs. "Lorsque les utilisateurs ont nos produits entre les mains, on obtient des retours très détaillés, avec souvent des aspects dont on n'avait même pas connaissance", confirme Robert Friberg, concepteur d'interactions et expert chez Scania.
Un schéma que le constructeur suédois applique également pour ses sièges. Formes, tailles, positions : tout a été pensé pour s'adapter à chaque morphologie. Un aspect d'autant plus important que le transport routier continue de se féminiser. Scania invite d'ailleurs régulièrement les conductrices à venir tester les produits afin d'obtenir leurs réactions détaillées.

Priorité au bien-être dans les cabines des poids lourds pour Scania. ©Scania
Dès que les retours ont été obtenus, les équipes d'ergonomes, de designers industriels et de spécialistes des interfaces effectuent des tests physiques avec des mannequins, couplés à des outils numériques de pointe. Casques de réalité virtuelle, modélisation 3D et simulateurs de conduite sont notamment utilisés pour simuler les mouvements observés en conditions réelles. Cette alliance entre virtuel et réel a notamment permis de façonner le nouveau cockpit digital Smart Dash. "Tout notre travail est fondé sur trois piliers : la sécurité de la route, l'efficacité de la mission et la sérénité du conducteur", résume Mårten Bergström, responsable du design industriel chez Scania.
L'agrément de conduite ne s'arrête pas à l'habitacle : il se prolonge sous le capot avec le moteur Super 11. Lancé en 2025, ce bloc conçu sur une architecture 5 cylindres partage 85 % de ses composants avec le Super 13, mais affiche des gains d'exploitation. Le Super 11 est ainsi 85 kg plus léger que le Super 13, et sa consommation de carburant est réduite de 7 % par rapport à l'ancienne génération à 5 cylindres. Enfin, il bénéficie d'une extension de 30 % des intervalles de maintenance, un atout direct pour le TCO des transporteurs et gestionnaires de flotte. Pour obtenir ces résultats, Scania s'appuie sur des innovations mécaniques (distribution variable, frein sur soupapes) ainsi que sur l'utilisation de l'intelligence artificielle pour analyser les données de test et optimiser chaque composant en continu.
Jusqu'à 720 km d'autonomie en électrique
Parallèlement, le constructeur poursuit sa quête d'efficience sur un autre aspect : l'e-mobilité. S'appuyant sur son système modulaire historique, Scania propose des configurations sur mesure s'adaptant à chaque métier, des usages urbains aux applications les plus lourdes. Pour garantir cette régularité, la marque conçoit en interne l'intégralité de la chaîne, notamment le système de gestion de la batterie (BMS). À l'IAA, le constructeur suédois présente une nouvelle configuration permettant à ses poids lourds électriques d'atteindre 720 km d'autonomie, grâce à deux batteries MP20 ajoutées derrière la cabine, pour environ 356 kWh supplémentaires.
La marque s'attache continuellement à lever les doutes sur la capacité des camions électriques à assurer du transport long-courrier. Pendant trois ans, Anders Gaasedal, ingénieur senior chez Scania et chauffeur spécialisé dans les véhicules électriques, a sillonné toute l'Europe, parcourant 80 000 km dans 22 pays, pour prouver la fiabilité et l'efficacité de cette motorisation. Il a notamment effectué un trajet entre la Suède et Munich, soit 1 604 km, au volant d'un ensemble de 40 tonnes. Le parcours a été effectué en deux jours, recharges comprises, et seulement 20 minutes de plus par rapport à un camion thermique. "Vous pouvez aller partout avec un camion électrique", affirme Anders Gaasedal.
Cette démonstration vient appuyer la vision de la marque qui juge que, face au manque d'initiative des politiques européennes, les industriels doivent faire bouger les lignes. "Les véhicules sont là et nous avons investi des milliards d'euros. L'urgence est désormais d'installer l'infrastructure de recharge pour débloquer le marché. À long terme, il n'y a pas d'autre option : c'est une question existentielle pour notre industrie", conclut Christian Levin, président du groupe.
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