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Transport

Défaillances : un répit trompeur pour le transport routier ?

Publié le 15 avril 2026

Par Mohamed Aredjal
2 min de lecture
Alors que les défaillances d’entreprises atteignent un niveau historiquement élevé en France, le transport routier de marchandises affiche un léger recul de sa sinistralité au premier trimestre 2026.
Le transport routier de marchandises limite la casse au premier trimestre 2026, mais reste exposé à une forte pression économique. ©Scania

Dans un paysage économique fortement dégradé, le transport routier de marchandises fait figure d’exception. Au premier trimestre 2026, le nombre de défaillances a reculé de 5,3 % dans le secteur, avec 443 procédures ouvertes, selon le dernier rapport d’Altares. Des résultats qui s'inscrivent dans la lignée du bilan enregistré par la filière en 2025. Cette amélioration repose principalement sur le transport de proximité, dont la sinistralité diminue nettement (-17 %).

Mais cette tendance masque des disparités importantes. Le segment du transport interurbain repart à la hausse (+12 %), confirmant les difficultés persistantes des entreprises positionnées sur les longues distances, plus exposées aux variations de coûts et à la pression tarifaire. Un an plus tôt, la situation était inverse, ce qui traduit une forte instabilité du marché.

Plus largement, l’ensemble du secteur transport et logistique se dégrade nettement, avec une hausse de 12,9 % des défaillances.

Une sinistralité toujours élevée

Malgré ce repli ponctuel, le niveau de défaillance reste élevé dans le transport routier. Les 443 procédures recensées au premier trimestre 2026 demeurent supérieures à celles observées avant la crise sanitaire.

Ajoutons que cette tendance s’inscrit dans un contexte globalement favorable puisque l’ensemble des défaillances d’entreprises en France a atteint un niveau record sur ce début d’année.

Au global, près de 19 000 sociétés ont fait défaut sur les trois premiers mois de l’année, soit une hausse de 6,4 % sur un an. Sur douze mois glissants, plus de 71 000 procédures sont enregistrées, un seuil inédit depuis plus de quinze ans.

Les très petites structures dominent largement, concentrant près de trois quarts des défaillances. Or, dans le transport routier, ce tissu de PME et de TPE reste particulièrement exposé aux aléas conjoncturels, notamment aux variations du prix du carburant et aux délais de paiement.

Face à cette conjoncture, les perspectives restent incertaines. Les retards de paiement, l’allongement des délais logistiques et la hausse des coûts d’exploitation continuent de peser sur les marges. Comme le souligne Thierry Millon, directeur des études Altares, "les retards de paiement des clients jouent un rôle d’accélérateur du risque".

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