Hydrogène : les détails du camion de deuxième génération d'Hyliko

L'heure de la deuxième génération est arrivée pour Hyliko. Le spécialiste de la mobilité hydrogène a dévoilé a Solutrans son nouveau camion, qu'il nous a présenté en avant-première quelques jours plus tôt. Ce véhicule sera exploité dès ce premier trimestre 2026.
"Nous avons eu de très bons retours sur nos véhicules de première génération qui sont en exploitation depuis l'été 2024. Ils ont parcouru 280 000 kilomètres pour un taux de disponibilité de 94 %, et une autonomie de 400 kilomètres quand ils sont chargés au poids maximal, se félicite Ovarith Troeung, directeur général d'Hyliko. Nous avons aussi de bons retours des conducteurs, qui fatiguent moins et ne veulent pas retourner au diesel après avoir conduit notre camion à pile à combustible." Les deux véhicules Hyliko en exploitation chez Point P tournent d'ailleurs plus que les poids lourds diesel, selon le dirigeant.
Architecture similaire, changement de batteries
Dans ce nouveau Hy T44 Gen2, l'architecture reste la même : un châssis Renault Trucks T d'au moins cinq ans. Là-dessus, les ingénieurs d'Hyliko ont imbriqué de nouvelles technologies pour améliorer le TCO du camion. Le groupe motopropulseur, codéveloppé par Eaton et Dana, a été amélioré. De 6 rapports, la nouvelle boîte de vitesses n'en a plus que 4.
Les batteries, qui étaient des LTO (lithium-oxyde de titane), passent en G-NMC (nickel-manganèse-cobalt). "C'est le plus répandu aujourd'hui. Les batteries répartissent mieux l'énergie et sont moins lourdes, plus puissantes et moins chères", résume Christophe Lora, directeur véhicule. Le français Wattalps a été choisi pour les packs batteries, qui affichent une capacité de 78 kWh.
Le système de pile à combustible est toujours géré par OPmobility, avec 7 réservoirs d'une capacité de 41 kg d'hydrogène. La pile en elle-même vient de Toyota. Elle est de génération 2.5, avec une puissance de 2×85 kW en puissance continue, et 2×97 kW en puissance de pointe. Le système de refroidissement est conçu par Hydac.
Un camion moins lourd et à plus grand autonomie
Ceci étant dit, quelles différences retrouve-t-on concrètement avec la première génération ? D'abord, l'empattement est plus long : 3 900 mm, contre 3 800 mm auparavant. Cela permet d'atteler des semi-remorques de taille standard, et non plus sur mesure comme pour la première version du tracteur Hyliko. Ensuite, le poids à vide a été réduit : de 10,4 à 9 tonnes. La charge utile passe de 40+2 tonnes à 44+2 tonnes.
Les tests menés par Hyliko sur des parcours diversifiés ont par ailleurs montré une baisse de 20 % de la consommation d'hydrogène : 7 kg en moyenne sur 100 km, contre 9,5 pour la première génération. De quoi augmenter l'autonomie de cette V2 de 100 kilomètres, de 25 % environ, dépassant donc les 500 kilomètres avec semi-remorque pleinement chargée. Hyliko promet aussi un coût d'acquisition ou de location de son nouveau camion environ 25 % moins cher que le précédent. Le tout pour un taux de fiabilité minimum de 95 %, selon l'entreprise.
"Les doutes technologiques ont été levés"
"Les doutes technologiques ont été levés avec la première génération. Désormais, le marché de l'hydrogène avance, et on espère y contribuer. L'histoire continue avec nos véhicules de seconde génération", commente Ovarith Troeung, qui affirme ne pas écarter l'idée d'un futur camion à combustion interne. "Nous regardons aussi cette technologie hydrogène. Quand cela existera chez un constructeur et qu'on pourra l'intégrer sur une plateforme, pourquoi ne pas le proposer chez nous."
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