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Equipementiers

Poids lourds : Goodyear mise sur la piste pour innover sur la route

Publié le 21 octobre 2026

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Par Lucas Autréau
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3 min de lecture
Présent aux 24 Heures Camions du Mans depuis 1981, Goodyear était au rendez-vous de la 41e édition, les 26 et 27 septembre 2026. Le manufacturier y a mis en avant ses différentes technologies destinées aux camions de série, de la traçabilité des pneumatiques aux matériaux durables, en passant par le rechapage.
Au Mans, Goodyear a convié ses clients et la presse à découvrir son centre opérationnel dédié aux pneumatiques. Identifiés et répertoriés pour leur affectation aux courses, les pneus peuvent ensuite être rechapés après leur utilisation. ©Goodyear

Quarante-cinq ans de présence au Mans. Depuis la première édition des 24 Heures Camions, en 1981, Goodyear accompagne l'évolution de la compétition et de ses pneumatiques. À l'époque, les gommes utilisées en course étaient également employées par les flottes de transport routier. Le manufacturier américain disposait alors d'un stand pour accueillir ses clients transporteurs et soutenait un seul camion engagé en compétition.

En 2026, les temps ont changé, mais une constante demeure : l'engagement de Goodyear dans l'univers du transport routier et du sport automobile. Depuis 2004, la marque est fournisseur de pneumatiques du Goodyear FIA European Truck Racing Championship (ETRC), dont elle est également le sponsor-titre depuis 2019, ainsi que du Championnat de France Camions FFSA.

La compétition, un test grandeur nature pour Goodyear

Sur chaque week-end de course, trente camions français et quinze poids lourds européens s'affrontent sur les différents circuits du calendrier, mettant à l'épreuve leurs mécaniques et leurs pneumatiques. Pour Goodyear, l'intérêt va donc au-delà d'un simple partenariat sportif.

La compétition offre un environnement exigeant pour éprouver ses produits, observer leur comportement et recueillir des enseignements utiles à leur développement. Les freinages appuyés, les changements de direction et les fortes sollicitations imposées aux pneumatiques constituent autant de contraintes à prendre en compte.

Pour y répondre, Goodyear s'appuie sur une carcasse standard, également utilisée dans ses gammes routières. Les pneumatiques de course conservent par ailleurs une dimension de 315/70 R 22.5. Leur bande de roulement et leur mélange de gomme sont toutefois spécifiques afin de répondre aux exigences du circuit, notamment en matière d'adhérence et de résistance à la chaleur.

La mise en température constitue un autre enjeu majeur. Selon les explications du manufacturier, la gomme doit atteindre environ 90 °C pour offrir l'adhérence recherchée, contre 50 à 60 °C évoqués pour un pneumatique routier.

L'objectif est d'atteindre cette fenêtre de fonctionnement en deux à trois tours, sans surchauffer le pneu, au risque de perdre en adhérence. Pour y parvenir, la pression de gonflage joue un rôle essentiel. Selon les informations de Goodyear, elle doit se situer entre 1,5 et 2 bars sur le train arrière.

Traçabilité et matériaux durables : le pneu au-delà de la course

Mais l'intérêt de la compétition ne se limite pas aux performances en piste. Au centre opérationnel, la traçabilité des pneumatiques joue également un rôle essentiel. Chaque enveloppe est identifiée et répertoriée sur une tablette afin de suivre son affectation aux concurrents.

La distribution s'effectue par tirage au sort, tandis que les puces RFID intégrées aux pneus facilitent leur identification et le contrôle de leur utilisation. Introduite en compétition en 2011, cette technologie facilite également, dans le transport routier, l'identification des pneumatiques lors des opérations de maintenance et le suivi des flottes.

Autre axe de travail : le développement durable. Pour la saison 2026, les pneumatiques du championnat européen intègrent 60 % de matériaux durables, contre 55 % lors du championnat précédent. Cela inclut notamment de la silice et du noir de carbone.

Autrefois produit via du pétrole, sa conception intègre désormais un processus plus vertueux. "Aujourd'hui, c'est brûlé de façon précautionneux et utilisé pour remplacer le pétrole comme matière première pour faire le noir de carbone", résume Éric Muller, directeur produit chez Goodyear. Des matériaux durables sont également présents dans certaines gammes routières de Goodyear, notamment KMax et EQmax. 

Enfin, les pneumatiques de course usagés peuvent connaître une seconde vie. Goodyear récupère leurs carcasses pour les faire rechapper avant de les réutiliser sur des véhicules de transport routier. Selon le manufacturier, elles peuvent alors parcourir jusqu'à 250 000 km sur la route. "Vous avez trois heures de gloire avec ces pneus. Ensuite, rechapage et ça part dans la vie de tous les jours", souligne Éric Muller. Un procédé qui illustre le lien entre les exigences de la compétition et la valorisation des pneumatiques pour les flottes professionnelles.

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