Gazole : une baisse de la TICPE pour sauver les transporteurs ?

Avec la forte hausse du coût du gazole, l'Union TLF craint pour la compétitivité des transporteurs français. Celle-ci est déjà pénalisée par le différentiel de fiscalité entre les pays européens, et la crise actuelle n'arrange rien. L'organisation demande alors au gouvernement une mesure forte : aligner temporairement le niveau de TICPE appliqué aux transporteurs français sur celui de l’Espagne, qui se situe au plancher réglementaire européen.
"Aujourd’hui, la TICPE professionnelle est plus élevée en France que dans la moyenne du reste de l’Europe, et ce malgré le remboursement partiel. Notre taux de TICPE nette est de 45,19 €/hl. À titre de comparaison, l’Espagne applique un taux net de 33 €/hl, soit le minimum autorisé au niveau européen, rappelle l'Union TLF. Cette situation créé une distorsion de concurrence qui fragilise structurellement les transporteurs français."
Une baisse de coût de 6 % pour les transporteurs
Selon TLF, cette mesure permettrait une baisse immédiate de plus de 6 % du prix du gazole pour les transporteurs. Elle les aiderait ainsi à absorber près d’un quart de la hausse subie ces dernières semaines. La mesure coûterait quelque 70 millions d'euros par mois.
L'Union TLF demande que la fiscalité du carburant soit par ailleurs alignée de manière plus structurelle avec celle des principaux concurrents européens du transport français. Alors que 90 % du transport intérieur de marchandises était effectué par des transporteurs français il y a 30 ans, la part n'est déjà plus que de 58 % selon l'organisation.
"Nous devons apporter des réponses conjoncturelles et ciblées pour aider les transporteurs à passer cette crise. La demande de l’Union TLF apporterait une réponse immédiate et directe pour baisser le prix des carburants pour les transporteurs, avec un effet limité sur les finances publiques. Mais il faut aussi que la réponse apportée à cette nouvelle crise soit plus qu’un pansement sur une jambe de bois. Il faut, enfin, sonner la fin du déclin du pavillon français", commente Jean-Thomas Schmitt, président de l’Union TLF.
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