Le marché du poids lourd devrait retrouver des couleurs en 2026

Le pire a été évité. Mieux : la tendance laisse apparaître un certain optimisme pour 2026. Alors qu'à la fin du premier semestre 2025, on recensait une baisse de 19,1 % des immatriculations de poids lourds de plus de 5 tonnes en France, la chute annuelle est finalement inférieure à 10 %, comme l'a montré le dernier Observatoire du véhicule industriel (OVI).
Au total, 44 119 camions ont été immatriculés en 2025 selon l'OVI : 22 870 tracteurs (-10,5 %) et 21 249 porteurs (-9,2 %). "2025 a été une année à deux visages. Le second semestre 2025 a été bien meilleur que le premier, confirme Arnaud Villéger, directeur de l'OVI. Nous avons recensé une forte accélération des immatriculations sur la fin d'année."
L'électrique a gagné du terrain en fin d'année
Si l'on se focalise sur les énergies, le diesel reste très majoritaire : 89,3 % des immatriculations. Une part stable sur l'ensemble de l'année. Les quelque 11 % restants sont partagés entre les différentes énergies alternatives. On retrouve 2,1 % d'électrique, 3,3 % de GNV et 5,2 % de B100 exclusif.
A noter que l'électrique a eu tendance à prendre de l'ampleur en fin d'année, avec 3,7 % des immatriculations du mois de décembre. "Le dispositif des CEE est maintenant lisible et disponible. Il a mis du temps à se mettre en place mais, maintenant ça accélère", se réjouit Arnaud Villéger. Et, étant financé par des obligés, le dispositif ne dépend pas des calendriers politiques souvent bousculés.
Si les 1 000 immatriculations électriques étaient espérées pour 2025, la barre n'a pas été atteinte. Seulement 931 poids lourds à batteries mis à la route l'an dernier. Pas loin. "Je pense qu'on accélèrera franchement en 2026, prévoit le directeur de l'OVI. Il y aura peut-être 30 à 40 % d'immatriculations de camions électriques en plus (soit 1 200 à 1 300 unités, ndlr). Je pense que c'est un objectif réaliste. Est-ce que les autres énergies alternatives seront pénalisée ? Ou le diesel sera-t-il bousculé ? Nous verrons !"
Jusqu'à +5 % d'immatriculations espérées pour 2026
Pour l'année 2026 complète, cette fin 2025 laisse espérer que la dynamique se poursuivra. L'OVI table sur une progression de 0 à 5 % des immatriculations sur l'année complète, soit entre 44 000 et 46 350 unités. Cet optimisme s'explique par le dynamisme récent, donc, mais aussi par la stabilisation des prix et des taux, ou encore les incitations fiscales pour développer les énergies alternatives. "Et 2025 a été faible, donc nous allons repasser dessus", ajoute Arnaud Villéger.
Dans le détail, c'est surtout le marché des tracteurs qui devrait bien reprendre. Entre +5 et +10 % de volumes sont visés (entre 23 980 et 25 261 unités), avec notamment une hausse des commandes de plus de 24 % à l'heure actuelle. Cependant, une baisse est attendue côté porteurs, entre -6 et -1 % (entre 20 020 et 21 089 unités). La contraction des parcs, le pessimisme des exploitants et l'augmentation des coûts d'exploitation (+2,4 % en 2025 dans le TRM selon le CNR) appellent à la prudence.
Notons un retour à la normale pour les délais de livraison avec une moyenne de 92 jours à fin décembre 2025 (hors carrossage), contre 111 jours un an et demi plus tôt.
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