Le carrossier-constructeur Durisotti en grande difficulté

Une audience est prévue au tribunal de commerce d'Arras (62) lundi 11 mai 2026, et elle pourrait s'avérer décisive pour l'avenir de Durisotti. Le carrossier-constructeur a demandé, mardi 28 avril 2026, à être placé en redressement judiciaire, en se déclarant en cessation de paiement. L'annonce a été faite à l'AFP par GTE Automotive, propriétaire de Durisotti depuis juillet 2024. Quelque 60 emplois sont menacés, et les salariés ont manifesté le 1er mai.
Fondée en 1956, cette société spécialisée dans la conversion de véhicules utilitaires légers pour des secteurs variés (forces de l'ordre, pompiers, transport de personnes ou de marchandises, BTP, biens d'équipement, services postaux) emploie un total de 188 salariés, dont une grande majorité à Sallaumines (62), dans le Pas-de-Calais.
L’État français mis en cause
Dans un long document transmis à l'AFP, GTE Automotive blâme les pouvoirs publics, qui n'auraient fourni "aucun accompagnement décisif" pour aider Durisotti à remonter la pente ces dernières années. Le propriétaire du carrossier dénonce notamment une "asphyxie organisée de la commande publique", ce qui aurait "étranglé" sa trésorerie, et le refus des pouvoirs publics d'éponger la dette de l'entreprise.
Frédéric Cotton, élu CGT au comité social et économique (CSE) de Durisotti, estime au contraire que ce sont les propriétaires actuels, "blacklistés par toute la filière automobile", qui "ont appauvri" le carnet de commandes. Depuis plusieurs mois, l'entreprise, qui compte aussi deux petits sites à Metz (57) et à Agen (47), a recouru au chômage partiel, alors qu’elle comptait encore jusqu'à 700 salariés il y a une vingtaine d'années.
"Plus de 15 millions d'euros de dette"
De 2019 à 2024, l'entreprise a appartenu au groupe britannique Liberty, de l'industriel Sanjeev Gupta. Mais celui-ci aurait laissé Durisotti "exsangue", avec "plus de 15 millions d'euros de dette, aucun investissement productif et un outil industriel dégradé", selon GTE Automotive.
Frédéric Cotton reconnaît que l'entreprise "n'était pas en pleine forme" avant son rachat par GTE Automotive. "On était peut-être au bord du redressement judiciaire, mais on avait encore un carnet de commandes. On aurait eu plus de chances de trouver un repreneur à l'époque".
Toujours d'après l’élu CGT, la direction de Durisotti a présenté, lundi 27 avril 2026, en comité social et économique, un projet de restructuration prévoyant une soixantaine de suppressions d'emplois. Mais "les salariés, plutôt que de rester (avec cette direction, NDLR), préféreraient partir, même avec le minimum légal", assure-t-il.
Par Robin Schmidt
Sur le même sujet
