Un début d'année 2026 en demi-teinte pour les grossistes

Dans un contexte économique entre incertitudes et tensions, la croissance du commerce de gros semble s’essouffler, comme en témoignent les résultats du baromètre de l’activité réalisé par Xerfi et publié par la Confédération des grossistes de France (CGF).
Ainsi, le chiffre d’affaires du commerce de gros est de +1 % par rapport au premier trimestre 2025. En glissement annuel, cela représente +1,3 % de croissance à la sortie de l’hiver, une hausse donc, mais qui reste faible.
Côté économie nationale, la stagnation se confirme également pour les trois premiers mois de l’année et, dans ce contexte, les prévisions des grossistes sont pessimistes et les intentions d’embauche chutent de dix points.
Des disparités selon les secteurs
Toutefois, les dynamiques diffèrent selon les secteurs d’activité. Ainsi, dans le secteur de la santé, la croissance reste forte avec +4,5 %, les produits agricoles et alimentaires connaissent un fort redressement avec +3,5 %, les pièces détachées automobiles poursuivent leur dynamique avec +0,6 %.
Quant aux produits manufacturés, ils reculent de 1 % et le bâtiment de 2 %.
Stéphane Antiglio, président de la CGF, souligne : "Après plusieurs trimestres d’amélioration progressive, le commerce de gros montre des signes d’essoufflement dans un contexte économique toujours très incertain. Certains secteurs, comme la santé ou l’agroalimentaire, restent dynamiques, mais d’autres continuent de subir les effets d’une consommation affaiblie et du manque de visibilité économique. Plus que jamais, les entreprises du commerce de gros ont besoin de stabilité, de visibilité et d’un environnement favorable à l’investissement pour préserver leur compétitivité et soutenir durablement l’économie française."
Des perspectives moroses
Dans ce contexte national et international peu porteur, les perspectives ne sont pas au beau fixe pour le commerce de gros.
33 % des entreprises prévoient une baisse d’activité dans les prochains mois contre seulement 13 % qui anticipent une hausse, soit 20 points d’écart, un score jamais atteint depuis trois ans.
C’est principalement dans le bâtiment et les pièces détachées automobiles que les professionnels sont les plus pessimistes.
En outre, la crise au Moyen-Orient pèse sur le secteur avec 67 % des acteurs qui subissent une hausse des coûts logistiques (transport et stockage) dans l’ensemble des charges d’exploitation, soit 28 points de plus qu’au quatrième trimestre 2025.
De manière générale, les grossistes sont 40 % à déclarer une situation de trésorerie dégradée (+11 points vs le 4e trimestre 2025).
Et concernant les intentions d’embauche, là encore, le climat invite à la prudence, avec seulement 14 % des entreprises qui pensent renforcer leurs équipes dans les mois à venir, soit dix points de moins qu’au trimestre précédent.
Pourtant, les difficultés de recrutement sont toujours au rendez-vous dans le secteur, avec une entreprise sur deux qui a rencontré des difficultés durant ses processus d’embauche au premier trimestre 2026.
Enfin, concernant la hausse des tarifs fournisseurs : 62 % des entreprises prévoient une augmentation des prix dans les prochains mois, un niveau jamais atteint ces dernières années.
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