Les grossistes s'inquiètent de l'inflation réglementaire

À l'heure de dresser les premiers bilans de 2025, la Confédération des grossistes de France (CGF) déplore une année "très moyenne, et même plutôt morose" des mots de son président, Stéphane Antiglio. Alors que le 3e trimestre s'est terminé à -0,2 % pour le secteur des grossistes, l'année complète devrait tourner autour des 0 %. Une stabilité en moyenne, avec des disparités selon les métiers. "Cela va de -7 % à +5 %. C'est le cas du secteur de la santé, toujours en croissance", précise Stéphane Antiglio.
Des tensions sur le règlement des factures
Ce dernier rappelle aussi que les défaillances d'entreprises ont augmenté, créant des soucis pour le commerce de gros : "Nous observons beaucoup de tensions dans les règlements. Les entreprises de commerce de gros portent les stocks, en payant leurs fournisseurs et en faisant crédit à leurs clients. Ces derniers ont parfois du mal à régler leurs factures, ce qui a un impact sur la trésorerie et la rentabilité de nos entreprises. Quand il n'est pas payé, c'est une perte sèche pour le grossiste."
Pour ne pas vivre des mois et des années à venir encore plus compliqués, la CGF se dit "vigilante quant aux mesures qui vont continuer de frapper les entreprises". La confédération s'est notamment mobilisée au niveau européen contre la proposition de réduire les délais de règlement, qui aurait encore plus pénalisé leurs clients.
La REP des emballages professionnels, nouvelle taxe à apprivoiser
Au niveau national, un gros sujet est celui des filières REP (responsabilité élargie au producteur). La REP des emballages professionnels est sortie via un décret en novembre dernier et devait être mise en application au 1er janvier 2026. Un délai de six mois a finalement été accordé. "Nous ne contestons pas la mesure, mais elle doit être réfléchie. On ne peut pas jouer aux apprentis sorciers, il faut du temps pour anticiper et prévoir, lance Stéphane Antiglio.
Il s'agit de faire payer une taxe sur les emballages à celui qui met le produit sur le marché. "C'est un facteur d'inflation pour le consommateur, car les prix se répercuteront sur toute la chaîne. Nous serons attentifs à la disproportion qu'il pourra y avoir selon les produits, car certains demandent plus d'emballages que d'autres", ajoute le président de la CGF.
Implication politique de la CGF
L'organisation se veut particulièrement active sur le plan politique, et a notamment sorti un livret de 15 propositions du commerce de gros à destination des candidats des prochaines élections municipales. Logistique urbaine, emploi, ancrage territorial, foncier logistique, fiscalité locale… La CGF veut attirer l'attention sur l'importance cruciale du secteur dans l'économie.
Par ailleurs, la confédération se réjouit de la volonté du projet de loi-cadre du transport de mettre à contribution les chargeurs pour favoriser le verdissement des flottes de poids lourds. Elle se félicite aussi du maintien de la fiscalité avantageuse du B100, et de l'abandon du projet de taxe sur les surfaces commerciales, qui allait s'appliquer aux entrepôts logistiques.
Enfin, le sujet de la facturation électronique, qui sera une obligation pour les entreprises à partir du 1er septembre 2026, inquiète aussi. "Cela va impacter nos clients, leurs systèmes, etc. Le commerce de gros représente 15 à 20 % de toutes les factures émises en France, rappelle Stéphane Antiglio. Nous sommes soumis aux factures par l'amont et l'aval, entre nos fournisseurs et nos clients. Ce sont encore des surcoûts qui vont peser sur les entreprises. La coupe est pleine !" Et l'année ne fait que commencer.
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