SITL 2026 : un salon à la conquête des transporteurs

Le SITL fait de plus en plus les yeux doux aux transporteurs. Du 31 mars au 2 avril 2026, le Salon international du transport et de la logistique prendra ses quartiers dans le hall 7 du Parc des expositions de Villepinte (93), au nord de Paris. Après avoir attiré 26 700 professionnels Porte de Versailles l’an dernier, l’évènement vise la barre des 28 000 pour cette 43e édition. Avec trois grandes cibles à faire venir : "les chargeurs de l’industrie et du retail ; les collectivités locales ; et les prestataires du transport et de la logistique", liste Catherine Rousselot. La directrice marketing du SITL note que cette troisième tranche occupe une place grandissante dans le visitorat. "De plus en plus de transporteurs de province viennent au salon. Nous évoluons pour coller à la chaîne de valeur : les offreurs deviennent les acheteurs, et inversement", précise-t-elle.
Pour autant, le SITL n’affiche aucune ambition de rivaliser avec Solutrans, qui se tient tous les deux ans à Lyon, en novembre. "Chacun son créneau ! Il n’y a pas de concurrence, nous sommes complémentaires", affirme Catherine Rousselot. "Le SITL est l’occasion de venir se mettre au fait de toutes les réglementations attenantes au transport et à la logistique, mais aussi de rencontrer les chargeurs, qui sont peu présents à Solutrans, pour mieux connaître leurs attentes et leurs offres. Notre côté multispécialiste permet aussi aux transporteurs de découvrir les différents équipements pour leurs sites, comme des panneaux solaires et photovoltaïques, des systèmes de recharge autonomes… Il y a enfin toute la partie transport multimodal, dans laquelle le camion s’insère forcément."
Une centaine de nouveaux exposants
Comme chaque année, la question se repose : le SITL va-t-il définitivement prendre ses quartiers à Villepinte, ou à Paris Porte de Versailles ? Ces lieux où le salon se déroule un an sur deux ont leurs avantages et leurs inconvénients. Mais le choix de l’alternance devrait perdurer encore un moment. "L’avantage de Villepinte est l’accessibilité technique pour monter les stands, et la synergie avec le salon Global Industrie, qui s’y tiendra en même temps, souligne Catherine Rousselot. Mais il est vrai qu’on aimerait bien être à Porte de Versailles pour toutes les éditions. Cependant, pour l’instant, il y a beaucoup de travaux dans cette zone, et nous avons même eu du mal à trouver des dates pour le SITL 2027. Donc il n’est pas envisageable de quitter Villepinte pour le moment."
Cette édition séquano-dionysienne se veut plus importante en termes de taille (environ 28 000 m²), permettant des stands plus spacieux, mais le nombre d’exposants reste similaire : environ 550 sont attendus, avec des dernières réservations d’espaces arrivant jusqu’à la mi-mars. 27 % d’entre eux sont internationaux, dont la majorité venant d’Europe. Au total, 22 pays sont représentés. Plus du quart des exposants sont des nouveaux venus, ce qui crée un intérêt pour les visiteurs de revenir chaque année. Cela signifie aussi que certains exposants ne renouvellent pas…
"Certains ne font qu’une saison sur deux, ou ne viennent pas cette année car ils n’ont pas d’actualité. D’autres ont participé à des évènements qui prennent déjà beaucoup de budget, comme Solutrans. Et les nombreux rachats, comme Malherbe par Geodis, divisent aussi le nombre de stands par deux", argumente la directrice marketing. La centaine de nouveaux venus vient de tous horizons : transport, services logistiques, emballage, robotisation, systèmes informatiques, énergéticiens, immobilier…
Le SITL se veut en effet un évènement "multispécialiste", représentant tous les pans de la chaîne de valeur transport et logistique pour répondre à un maximum d’enjeux et de besoins : décarbonation, foncier, emballage, technologie, digitalisation, etc. "Nous avons une bonne représentation de chaque secteur dans cet univers transport et logistique. Bien sûr qu’on aimerait avoir encore plus d’exposants dans chacun d’entre eux", confie Catherine Rousselot. Dont des constructeurs ? "Ce serait super, car il y a beaucoup d’innovations à présenter, comme les véhicules autonomes. C’est important pour nos visiteurs de pouvoir voir concrètement ces innovations-là. Nous avons déjà des constructeurs sur des conférences, ainsi que quelques véhicules. Mais nous n’avons pas non plus vocation à être un salon de présentation de véhicules. Nous recherchons l’innovation !"
En parlant d’innovation, le SITL met cette année en place des QR codes sur les stands pour éviter aux exposants de perdre de potentiels contacts : si un visiteur se présente mais que tous les interlocuteurs sont occupés, il n’a qu’à scanner ce QR code pour récupérer un maximum d’informations.
Entre habitudes et nouveautés
Quatre villages thématiques seront répartis dans le hall 7 : Last Mile, Multimodal, Matières dangereuses, et Innovation Festival. "C’est le salon de tous les transports", martèle Catherine Rousselot. "Le village du multimodal a pris beaucoup d’ampleur cette année."
Nouveauté de 2025, l’espace Cold Chain, dédié à la chaîne du froid, est reconduit dans un format similaire, faute d’avoir encore réussi à attirer davantage de partenaires. La robotisation, notamment sur l’emballage, sera mise en avant sur le salon, tout comme les énergies alternatives (dont l’électrique) et les technologies devant permettre aux visiteurs de trouver des solutions pour optimiser et gagner de la performance. Des exposants liés aux infrastructures et aux territoires (comme les ports), mais venant aussi de l’immobilier seront présents.
Le "Guichet des solutions" est monté avec des exposants devant répondre aux besoins des visiteurs en termes de financement et de conseils via des organismes d’État et des organismes publics et privés. Autre nouveauté, le Campus, qui accueillera trois après-midis de job dating, en partenariat avec France Travail, pour les visiteurs en quête d’emploi ou de reconversion dans le secteur.

Le SITL est chaque année le théâtre de plusieurs dizaines de conférences et ateliers qui abordent les enjeux du secteur transport et logistique. ©SITL
Du côté des concours habituels, le Start-up Contest s’ouvre cette année à toutes les entreprises du secteur créées il y a moins de cinq ans, leur permettant d’accéder à un réseau d’investisseurs, de grands comptes ou de partenaires publics, et surtout d’être mises en lumière. Les sélectionnées présenteront leur pitch le 1er avril 2026 devant un jury composé de décideurs de la logistique, de la supply chain, de la distribution et de l’innovation.
Les Innovation Awards récompenseront de leur côté les initiatives les plus prometteuses à travers cinq catégories : opérations (logisticiens et transporteurs) ; intralogistique, automatisation et robotique ; infrastructures, immobilier et territoires ; services et prestations logistiques ; politique RH innovante et attractivité.
Et, comme chaque édition de l’évènement a son thème, celui de 2026 est "Nouveaux territoires à conquérir". Il servira de cadre à la centaine de conférences et ateliers prévus. "Digitalisation, développement durable, infrastructures, nouvelles mobilités… Ce sont des territoires à conquérir !", conclut Catherine Rousselot.
Un SITL qui se veut plus vert
Toujours soucieux de son impact environnemental, le SITL poursuit sa baisse d’utilisation de moquette : elle sera présente seulement dans les allées principales. La réduction des déchets reste un marronnier, avec une promotion d’équipements réutilisables sur plusieurs salons pour les exposants. Des gourdes sont fournies sur les espaces de conférences pour limiter les bouteilles en plastique, et la vaisselle jetable a été bannie.
Les cinq grandes thématiques des conférences du SITL
- Décarbonation du transport et de la logistique / RSE / Économie circulaire / Multimodalité.
- Transformation digitale / Innovation.
- Aménagement des territoires / Logistique urbaine / Réindustrialisation.
- Réorganisation de la supply chain / Prévision / Automatisation.
- Attractivité / RH / Formation.
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