Le transport de fret stagne depuis 2010

Pas de changement à l’horizon pour le transport de marchandises en France, c’est ce qui ressort du cinquième rapport sur le transport en France publié par l’Autorité de régulation du transport (ART).
Ainsi, on apprend qu’en 2024, malgré une progression, le transport intérieur de marchandises continue de s’inscrire dans la stagnation qu’il connaît depuis 2010.
Au total, le trafic s’élève à 344,4 milliards de tonnes-km, soit une hausse de 4 % par rapport à 2023, mais une baisse de 1,2 % en comparaison avec 2019. Dans ce trafic, le routier représente 88,7 %.
Le rapport note qu’avant la crise financière de 2007-2008, les volumes transportés progressaient chaque année d’environ 3 %, mais que depuis, ce dernier oscille entre 310 et 350 milliards de tonnes-km.
Des flux internationaux porteurs
En outre, le rebond observé en 2024 a été essentiellement porté par des flux internationaux qui représentaient 138,5 milliards de tonnes-km, soit plus de 40 % du transport intérieur terrestre de marchandises hors VUL en 2024. Ces derniers sont portés par le pavillon étranger en grande majorité.
Le pavillon français éprouve quant à lui des difficultés à revenir à son niveau de 2022, même si les flux internationaux restent dynamiques. "Son activité progresse de 2,5 % en 2024, avec une hausse de 2,2 % sur les flux nationaux et de 10,1 % sur les flux internationaux et de transit, ces derniers ne représentant toutefois qu’une faible part de son activité (environ 5 %)", peut-on lire dans l’étude.
L’alimentaire et l’agricole en poupe
En effet, en 2024, les marchandises groupées et autres marchandises dominaient (58,5 milliards de tonnes-km, soit 28 % du total), devant les matières premières et matériaux de base (24 %) et les produits agricoles (18 %).
La récente croissance est notamment boostée par les flux agricoles et alimentaires. Les produits agricoles enregistrent ainsi une hausse de 6 %, tandis que les produits alimentaires progressent de 10 %, "soit la plus forte contribution à la croissance agrégée".
Concernant plus spécifiquement le transport routier, ce dernier bénéficie de la hausse des flux agricoles (+5 %) et alimentaires (+11 %).
Le coût du pavillon routier français augmente
Dernier enseignement de l’enquête concernant le transport routier, le coût du pavillon routier français augmente fortement par rapport aux concurrents étrangers : +10 % par rapport à 2023.
"Cela peut constituer un facteur expliquant le rebond du pavillon étranger en 2024 au détriment du pavillon français. Dans le transport routier, les écarts observés entre le pavillon français et les pavillons étrangers illustrent le rôle structurant des coûts dans les dynamiques concurrentielles. Les pavillons étrangers bénéficient en effet d’avantages de coûts significatifs, notamment sur le poste de conduite, près de deux fois plus faibles que le pavillon français (2,7 euros contre 5,5 euros pour 100 tonnes-km pour les pavillons espagnol et français respectivement), contribuant directement à leur compétitivité. À ces écarts s’ajoutent, dans une moindre mesure, des différences sur les coûts de carburant et certaines charges d’exploitation, confirmant le rôle déterminant des coûts lorsque les prestations sont comparables", analyse le rapport.
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