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Savarieau prépare sa relève sans ralentir son développement

Publié le 22 octobre 2026

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Par Nicolas GIRAULT
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4 min de lecture
Après une nouvelle croissance à deux chiffres en 2025, le groupe Savarieau poursuit son expansion. L’entreprise familiale renforce ses implantations et prépare le passage de relais à la troisième génération.
Patrick (au centre) et ses enfants Marie et Clément Savarieau vont partager quelques années la direction du groupe, le temps de consolider la transmission. ©Savarieau

Le chantier de Techno VI à Poitiers est désormais bien avancé. Plus grand et plus moderne que le site actuel, le futur établissement du groupe Savarieau ouvrira ses portes aux véhicules industriels fin 2025. Il s’agit de l’un des projets en cours de l’entreprise familiale vendéenne, basée à La Roche-sur-Yon. Mais ce chantier n’est qu’une pièce d’un programme de développement beaucoup plus vaste. L’actionnaire du réseau mène en effet plusieurs dossiers de front, tout en préparant son changement de gouvernance autour d’un principe stratégique simple. "Je suis toujours parti du principe que si mon client se développe, je me développerai aussi", pose Patrick Savarieau, PDG du groupe.

Une affaire familiale qui tourne

Ce leitmotiv continue d’alimenter une dynamique de croissance remarquable. Ses 250 salariés, dont 120 techniciens, ont généré un chiffre d’affaires global de près de 78,6 millions d’euros en 2025, soit une hausse de 12,5 % par rapport à 2024, exercice qui avait déjà enregistré une progression de 13,5 %. "Cette croissance repose sur l’augmentation de notre volume d’affaires, à la fois sur nos activités de service en atelier et sur la distribution de pièces", précise le dirigeant.

L’année 2024 avait aussi coïncidé avec la célébration des 60 ans du groupe. L’occasion de présenter ses multiples projets de développement, mais aussi d’annoncer le démarrage de la transmission des rênes de l’entreprise à la nouvelle génération. Patrick Savarieau a en effet été rejoint par ses enfants : Marie en 2019, puis Clément Savarieau en 2022. "Il y a deux ans, ils m’ont annoncé qu’ils étaient d’accord pour continuer l’activité après mon départ. Nous nous sommes donc organisés afin de savoir qui ferait quoi. Clément est plutôt attaché à toute la partie opérationnelle, le commerce et le terrain. Marie s’occupe des fonctions support, ainsi que de TVI et de la gestion du webshop."

L’arrivée de cette troisième génération rime avec un nouveau mode de gouvernance, sans s’éloigner des principes "qui ont fait le succès familial. Avant, le groupe reposait uniquement sur papa, relate Marie Savarieau. Il connaît parfaitement tous nos métiers, était sur tous les fronts et contrôlait tout. Maintenant, nous nous structurons, en créant de nouveaux postes." Une façon d’apprendre à déléguer pour conserver souplesse et réactivité dans une entreprise qui a sérieusement grandi ces dernières années.

Quatre métiers autour du VI

Aujourd’hui, les dirigeants participent tous aux développements engagés sur le territoire couvert par le groupe. Ses activités s’étendent sur six départements : les Deux-Sèvres, la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire, la Vendée, la Vienne et la Drôme. Ce maillage repose sur 12 sites consacrés aux quatre métiers de l’entreprise. À côté de la distribution de pièces de rechange, Savarieau pilote aussi un réseau d’ateliers multimarques pour VI, moteurs et remorqués, ainsi que pour VUL, dont une carrosserie et un atelier également consacrés aux VL. Certaines implantations assurent aussi des contrôles réglementaires : chronotachygraphe, hayon, grue, etc.

Par ailleurs, dans son fief historique de l’Ouest, quatre sites arborent le panneau MAN Truck & Bus. Sa filiale LiMob y assure à la fois la vente et la location des véhicules du constructeur munichois, ainsi que des VUL Piaggio, dont la distribution a été initiée par Clément Savarieau. Enfin, la dernière activité du groupe est industrielle : sa filiale drômoise L2M produit des petites séries de composants mécaniques pour l’industrie. Les plans de développement suivent désormais un cahier des charges précis et mûrement réfléchi. "Nous nous efforçons de répondre à la demande croissante de nos clients en nous rapprochant d’eux", affirme Patrick Savarieau. "Les VI étant de plus en plus sophistiqués, leurs utilisateurs externalisent de plus en plus leur entretien." L’activité atelier du groupe en bénéficie naturellement.

D’où les projets menés en parallèle du déménagement de l’actuel site de Poitiers. Ce dernier va passer de 1 000 m² couverts sur un terrain de 2 500 m², à un bâtiment de 2 000 m² sur une parcelle de 10 000 m². D’autres projets de réhabilitation ou d’agrandissement d’implantations sont en cours ou à venir, notamment à Challans et Chanverrie. Celles des Essarts-en-Bocage et d’Angers viennent de gagner des travées supplémentaires, des espaces de stockage et du confort pour les équipes.

Des progrès logistiques

Le stock occupe précisément une place centrale dans la stratégie du groupe. Sa valeur atteint aujourd’hui 12 millions d’euros. Un niveau qui s’explique notamment par une politique de stockage volontairement renforcée, destinée à éviter les ruptures et à limiter les effets de l’inflation sur le prix des pièces. Savarieau s’appuie aussi sur la plateforme de TVI, à Saint-Yrieix-sur-Charente. Celle-ci a augmenté son stock de 15 % en 2025, y compris en profondeur de gamme. "Au sein de TVI, nous avons également recruited, réorganisé les équipes et organisé trois tournées logistiques, indique Marie Savarieau. Celles-ci permettent de servir les adhérents en 24 h au lieu de 72 h. Et, parallèlement, de récupérer les vieilles matières pour les activités de remanufacturing dans le réseau." Grâce à ces efforts logistiques, le stock permet de livrer des pièces dans la demi-journée.

"Le véhicule de notre client peut ensuite être réparé en quelques heures," "notamment parce que nous formons aussi nos techniciens à être rapides. Grâce à notre stock, nous lui évitons des pertes d’exploitation", met en avant Patrick Savarieau. En évoquant la formation de ses équipes, le dirigeant dévoile un autre pilier de son groupe : 300 000 euros y sont investis par an, notamment sur les contrôles réglementaires et les motorisations alternatives, gaz comme électriques. Un moyen de maintenir les compétences des équipes au niveau des dernières technologies de véhicules.

Cet effort contribue aussi à fidéliser les salariés, dans un contexte général de pénurie de main-d’œuvre. "10 % de notre masse salariale est constituée d’apprentis. Nous pensons ainsi à l’avenir pour recruter. Beaucoup d’entre eux restent et évoluent au sein de notre entreprise", souligne Marie Savarieau. La culture familiale du groupe reste aussi attachée au bien-être des équipes. Les dirigeants soulignent que le turnover demeure bas sur leurs différents sites.

Nouvelle activité en vue

"C’est en répondant à un appel d’offres qui nous imposait un rapport RSE que nous avons réalisé que nous faisions déjà beaucoup de choses dans ce domaine. Nous nous impliquons dans la formation et l’apprentissage, organisons des sessions de sport et aménageons une salle de sieste sur certains sites", développe Marie Savarieau.

Côté environnement, les différentes implantations se couvrent progressivement de panneaux photovoltaïques. Deux en sont déjà équipées. "Nous aménagerons aussi des installations de stockage d’énergie à Poitiers, puis Fontenay-le-Comte avant la fin 2026, énonce Patrick Savarieau. Il s’agit de préparer l’électrification du parc roulant. Nous pourrons ainsi être revendeurs d’énergie à nos clients." Un dernier projet lui aussi tourné vers les besoins présents et futurs des exploitants de VI. Une dynamique qui permettra peut-être à la quatrième génération de prendre, à son tour, les rênes de l’entreprise familiale.

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